Année zéro à Milan, meurtrie par la crise due au Covid-19

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Dans la galerie commerçante Galleria Vittorio Emanuele II, à Milan, le 18 mai 2020.

Un gigantesque hangar ouvert à tous les vents, situé au bord des pistes de l’aéroport international de Milan-Linate : c’est dans ce décor très inhabituel que s’est tenue, lundi 12 octobre, l’assemblée générale d’Assolombarda, la plus importante association composant Confindustria (l’équivalent italien du Medef), rassemblant les entrepreneurs de l’agglomération milanaise, de Monza, de Pavie et de Lodi.

Les habitués des Palais des congrès et des salles de conférences climatisées en ont été pour leurs frais : ce dispositif spartiate mais efficace a permis de veiller à une observation scrupuleuse des règles de distanciation sociale entre les 800 adhérents invités, l’inconvénient majeur étant que les discussions se sont déroulées par un froid glacial.

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Mais, au fond, l’inconfort faisait ce jour-là partie du message, réitéré par chacun des intervenants et illustré, de loin en loin, par le spectacle du décollage d’un avion, dont le bruit assourdissant contraignait les orateurs à s’interrompre. Meurtrie dans sa chair par la pandémie de Covid-19 qui a mis à genoux son système de santé, et placée dans une situation économique catastrophique par les effets du confinement et de la limitation des échanges internationaux, la première région d’Italie entend repartir de l’avant, à la conquête du vaste monde. Un esprit résumé par la minisérie commandée par Assolombarda à l’historien britannique John Dickie, très connu dans le monde anglo-saxon, et intitulée « Ici, toutes les entreprises sont possibles », dont quelques images ont été présentées en avant-première.

Dans son discours, prononcé en ouverture de l’assemblée, le maire de Milan, Giuseppe Sala, n’a cessé de tourner autour de cette même idée. « Ici », à Milan et ses environs, bat depuis toujours le cœur du capitalisme italien, et l’esprit d’entreprise « est naturel comme l’eau du Pô ». « Jusqu’au début de la crise, notre croissance était trois fois plus rapide que la moyenne italienne », rappelle l’ancien maître d’œuvre de l’Exposition universelle de 2015. Ainsi, le redémarrage du pays doit nécessairement prendre sa source à Milan.

Manque à gagner

Le problème, c’est que dans cette crise qui ne ressemble à aucune autre les centres souffrent plus que les périphéries. Si l’activité productive est repartie dans l’ensemble de la Lombardie – la consommation d’énergie ayant retrouvé, au mois d’octobre, le niveau de l’automne 2019 –, la ville de Milan, centre incontesté de la région, souffre beaucoup plus que les communes des environs.

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