Israël vote Trump à la présidentielle américaine

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Israël vote Donald Trump à la présidentielle américaine. Le 3 novembre, 70 % des Israéliens souhaitent la victoire de l’actuel président, et à peine 21 % celle du candidat démocrate, Joe Biden, selon un récent sondage de l’Institut de politique étrangère régionale Mitvim. Un résultat diamétralement opposé au vote des juifs américains, qui se prononcent à 70 % pour Joe Biden, selon le centre de recherche Pew.

Cet abîme politique, ancien, s’est approfondi comme jamais durant le mandat de Donald Trump, qui aura représenté les plus belles années américaines du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, après huit ans d’opposition frontale à l’administration Obama. Jamais une telle fabrique d’influence n’avait uni ses conseillers à ceux de la Maison Blanche, qui ont noué des relations de confiance, voire d’amitié.

Jamais les priorités régionales ne s’étaient à ce point alignées : le confinement de l’Iran dans un appareil de sanctions étouffant ; le rapprochement d’Israël avec les monarchies arabes du Golfe (Emirats arabes unis et Bahreïn), puis avec leur client soudanais, le 23 octobre ; le renvoi de la question palestinienne dans les limbes. « Ce qui est vraiment unique, c’est qu’à considérer les rapports internationaux en des termes si individuels, le président américain ne reconnaît pas la moindre divergence entre les deux gouvernements », note Ari Heistein, analyste à l’Institut des études de sécurité nationale (INSS), à Tel-Aviv.

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Que pourrait encore offrir Trump ?

Si Donald Trump l’emportait, qu’aurait-il encore à offrir à l’Etat hébreu ? La question se pose pour un président qui a déjà comblé sa base chrétienne évangélique pro-israélienne, en déménageant l’ambassade américaine à Jérusalem, en 2018, en reconnaissant la souveraineté du pays sur le plateau syrien du Golan, conquis durant la guerre de 1967, puis la légalité des colonies en Cisjordanie occupée, en 2019.

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Le président américain a promis, s’il est réélu, de négocier avec l’Iran. Ses dernières velléités en ce sens, à l’été 2019, avaient suscité l’inquiétude à Tel-Aviv. « S’il parvient à imposer un meilleur deal qu’Obama grâce à sa campagne de pression maximale, ce sera un cadeau majeur à Israël. Mais on peut douter qu’il en soit capable », estime Ari Heistein. A minima, Donald Trump poursuivrait son travail de sape contre le multilatéralisme, les institutions des Nations unies – en phase avec les accusations de partialité portées par Israël –, et contre la Cour pénale internationale, qui envisage d’ouvrir une enquête sur des crimes de guerre allégués en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

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