En Pennsylvanie, le timide retour des ouvriers dans le giron démocrate

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Le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine Joe Biden visite une école agricole à New Alexandria, Pennsylvanie, le 30 septembre.

Dans son enfance, Steve Olash franchissait souvent le pont sur la rivière Ohio, pour se rendre à la fonderie de zinc. « Mon père y travaillait. Rien ne poussait sur les collines », raconte ce syndicaliste de 48 ans, qui arbore un masque « Joe Biden » sur le visage. Usines abandonnées, terrains pollués, la petite ville de Beaver, établie au-delà de Pittsburgh, au fin fond de la Pennsylvanie, était l’incarnation de ces Etats dits de « la ceinture de la rouille », fracassés par la crise de la sidérurgie du début des années 1980, après plus d’un siècle d’insolente prospérité.

Puis est venu le gaz de schiste, ressource quasi inépuisable, qui a conduit la major anglo-néerlandaise Shell à s’installer. Une usine pétrochimique gigantesque de 6 milliards de dollars (environ 5,1 milliards d’euros, au cours actuel) pour produire du plastique dans sept hauts-fourneaux, avec une centrale électrique de 250 mégawatts.

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Après avoir longé la rivière, à l’ombre des forêts automnales, on découvre l’usine. Massive, flambant neuve, avec près de 5 000 ouvriers qui s’affairent pour la faire sortir de terre. Une aubaine pour les cols bleus de Pennsylvanie et de la région.

« Shell fait un travail remarquable de réhabilitation », se réjouit Steve Olash, syndicaliste en chef des quelque 400 peintres du chantier – même si l’on voit plus un site industriel que les forêts du Nouveau Monde. Il ne tarit pas d’éloges sur la multinationale : mesures de protection des salariés face au Covid-19, comportement exemplaire vis-à-vis de la communauté avec des dons à une école de formation. Sans parler des futures émissions de dioxyde de carbone.

« Trump ment, tout simplement »

A l’été 2019, Donald Trump est venu vanter l’investissement. « C’est l’administration Trump qui a rendu cela possible, personne d’autre. Sans nous, vous n’auriez pas été capables de faire cela », a assuré le président devant plus de 2 000 ouvriers qui venaient de monter sur le chantier la deuxième plus haute grue du monde, parée d’un drapeau des Etats-Unis.

Tout cela est faux. « Trump a prétendu que l’usine n’aurait pas vu le jour sans lui, alors que tout a commencé avant. Le type ment, tout simplement », confie Larry Nelson, chef syndicaliste des électriciens, qui nous reçoit avec son collègue Olash.

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Fait confirmé par l’un des dirigeants du comté, le républicain Jack Manning, un ingénieur ayant accompli toute sa carrière dans la pétrochimie : « Trump n’a eu aucune influence sur l’usine. Cela a commencé au début de la décennie par un effort bipartisan, sous l’administration Obama et le gouverneur républicain de l’époque. »

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