Aux Etats-Unis, la campagne pousse les réseaux sociaux vers un rôle « d’arbitres de la vérité »

0
79

[ad_1]

Facebook est régulièrement remis en question aux Etats-Unis au sujet de sa politique de modération des contenus.

Analyse. « Je ne pense pas que Facebook, ou d’autres plateformes, doivent être les arbitres de la vérité. » Cette phrase, que Mark Zuckerberg a prononcée en mars 2019, est loin d’être une nouveauté dans le discours du tout-puissant patron de Facebook. Et elle lui a été renvoyée à la figure, ces derniers jours, après que les principaux réseaux sociaux ont limité la diffusion d’un article du New York Post sur le fils de Joe Biden, fondé sur des informations douteuses soupçonnées de faire partie d’une opération de déstabilisation électorale.

« Arbitre de la vérité » : le terme, en anglais (arbiters of truth), sonne presque comme une insulte. En mai, après avoir assorti des messages mensongers publiés par Donald Trump d’avertissements, Twitter s’était retrouvé la cible de violentes critiques du camp républicain.

Le PDG de l’entreprise, Jack Dorsey, avait alors immédiatement expliqué que ces avertissements « ne font pas [de Twitter] un arbitre de la vérité. Notre intention est de montrer en quoi des affirmations sont contradictoires et de donner toutes les informations pour que les gens puissent se faire une opinion par eux-mêmes ».

Le consensus de la réalité s’est effrité

Dans un pays ultrapolarisé politiquement, où l’ancienne conseillère du président Kellyanne Conway pouvait qualifier un mensonge officiel de « faits alternatifs », prétendre vouloir distinguer le vrai du faux est un acte éminemment politique. Républicains et démocrates ne sont plus seulement en désaccord sur des opinions : ils sont en désaccord sur les faits.

Le consensus de la réalité s’est effrité. Et avec lui, la position immuable des grands réseaux sociaux, qui répètent à l’envi depuis leur création qu’ils ne sont aucunement des médias, mais de simples intermédiaires techniques. Cette posture, au demeurant parfaitement défendable, apparaît de plus en plus fragile dans le débat politique actuel aux Etats-Unis. Ce 28 octobre, les PDG des principaux réseaux sociaux devront d’ailleurs s’en défendre devant une commission spéciale du Sénat.

Non pas parce que les principes fondateurs de ces entreprises – dont le respect absolu du premier amendement sur la liberté d’expression – auraient changé. Mais parce que le monde politique dans lequel ils évoluent a évolué. Dans les années 2000, lorsque Twitter et Facebook sont nés, personne n’imaginait qu’un président en exercice pourrait sciemment diffuser des informations fausses sur la fiabilité du système électoral ou une pandémie. Les réseaux sociaux américains nagent en pleine dissonance cognitive : leurs systèmes n’ont pas été pensés pour un monde dans lequel la principale source de désinformation sur le Covid-19 se trouve être le président des Etats-Unis.

Il vous reste 60.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: