“J’ai travaillé toute ma vie, comme cuisinière, depuis toute petite. J’ai commencé par faire la vaisselle chez les patrons de mes parents, dans les Ardennes. La patronne de maman me donnait 1 franc par vaisselle faite. J’étais contente, je les économisais. À l’époque, on était beaucoup plus économe qu’aujourd’hui. Quand j’étais gamine, en rentrant de l’école, j’allais directement chez les patrons de mes parents, la patronne de maman adorait cuisiner. C’est elle qui m’a incitée et qui m’a tout appris. Elle me donnait tout le temps de petits conseils, c’est comme ça que petit à petit j’ai appris à cuisiner. J’adore faire les gâteaux, comme le gâteau aux noix. Je travaillais dans la cantine d’une sucrerie, je faisais à manger pour des ouvriers, tous bretons. Ils étaient nourris et logés, on leur faisait des plats simples, mais ils adoraient ma cuisine, ils ne voulaient pas de remplaçante. Aujourd’hui tout est allégé, mais pour faire une bonne cuisine, il faut du sel, du poivre, de l’huile et du beurre, mais pas à discrétion, il faut ce qu’il faut. Il faut surtout faire en conséquence, avec le temps que l’on a, il ne suffit pas, par exemple, de mettre une crêpe à cuire et de partir se promener, il faut toujours surveiller. Enfin, pour bien cuisiner, il faut quand même un petit peu de jugeote : la cuisine c’est quelque chose de délicat. Ici, à la maison de retraite, quand je vois un lapin mal cuisiné, ça me fait mal au coeur, la cuisine me manque.”