Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires va entrer en vigueur début 2021

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Le « Suffren », sous-marin d’attaque nucléaire de la marine française, dans la rade de Toulon, le 28 juillet.

Grâce au Honduras, qui s’inscrit comme le 50e Etat à l’avoir ratifié, samedi 24 octobre, le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) entrera en vigueur début 2021, soit dans quatre-vingt-dix jours, comme le prévoit la règle. Pour le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, cette étape marque « la culmination d’un mouvement mondial pour attirer l’attention sur les conséquences humanitaires catastrophiques de tout usage des armes nucléaires », et elle « représente un engagement important vers l’élimination totale des armes nucléaires, qui reste la plus haute priorité des Nations unies en matière de désarmement ».

En janvier 2021, « nous débuterons une nouvelle décennie où les armes nucléaires seront illégales au regard du droit international », a salué de son côté la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), qui a reçu le prix Nobel de la paix, en 2017, pour cette cause. « Il était anormal que les armes nucléaires soient les seules armes de destruction massive non interdites, alors que c’est le cas pour les armes chimiques et biologiques », ajoute l’ICAN.

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Né d’une mobilisation mondiale d’ONG, le TIAN a été adopté, le 7 juillet 2017, par 122 pays sur 192. Il n’aura, dans l’immédiat, de force que symbolique, car aucun des Etats nucléaires (avec leurs alliés) ne le soutient, qu’ils soient juridiquement dotés de l’arme atomique au sens du traité sur la non-prolifération (TNP) de 1970 (Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie, France, Chine), qu’ils en soient possesseurs reconnus (Inde, Pakistan, Corée du Nord) ou non (Israël).

L’ICAN souligne que les outils du désarmement inventés durant la guerre froide sont devenus inopérants. Son argument condamnant l’arme atomique est humanitaire et moral. Le mouvement a entraîné avec lui le Vatican qui, depuis 1965, condamnait radicalement l’usage de la bombe, mais non sa possession même, considérée comme un mal transitoire sur le chemin d’un désarmement général. Le pape François a rompu avec cette position, le 24 novembre 2019, à Hiroshima, au Japon, en déclarant « immorale la possession d’armes atomiques ».

« Nous devons être réalistes »

Symbolique, le TIAN pourra cependant peser sur les démocraties nucléaires, soucieuses de leur opinion publique sur l’arme suprême. « Une fois en vigueur, ce traité ne pourra être ignoré, même par les pays qui s’y sont opposés », estime Initiatives pour le désarmement nucléaire, un collectif d’associations françaises.

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