l’Arménie tente d’attirer l’attention de la communauté internationale

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Des combattants volontaires, dans une vallée à l’extérieur d’un village près de Stepanakert, le 23 octobre.

Les blessés de guerre en provenance du Haut-Karabakh, la plupart âgés d’une vingtaine d’années à peine, continuent d’affluer à l’hôpital Erebouni, l’un des plus grands d’Erevan, la capitale arménienne. « 90 % d’entre eux présentent des blessures particulières aux bras et aux jambes à cause des bombes à sous-munitions, il y a beaucoup d’amputations », affirme le chirurgien Mikayal Manoukian. Les deux services de réanimation sont pleins, des centaines de lits occupés dans tout l’établissement. Visages défaits, les familles patientent dans les couloirs en silence. D’autres ignorent tout du sort de leurs proches.

Quatre semaines après le début du conflit qui oppose l’Arménie à l’Azerbaïdjan pour le contrôle de ce petit territoire du Caucase du sud à majorité arménienne, les affrontements se révèlent particulièrement sanglants des deux côtés. Samedi 24 octobre, le ministère de la défense de l’enclave autoproclamée indépendante mais soutenue par l’Arménie, a évalué les pertes à 920 combattants « identifiés ». En réalité, selon des sources européennes et russes, des centaines de corps n’ont pas encore pu être récupérés par les deux camps de part et d’autre de la ligne de front, toutes les tentatives de trêve humanitaire ayant échoué jusqu’ici. Depuis Moscou, le chef du Kremlin Vladimir Poutine a lui-même avancé le chiffre global de 5 000 victimes. Un bilan effroyable réalisé en moins d’un mois.

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Cessez-le-feu « humanitaire »

Un nouveau cessez-le-feu « humanitaire » devait toutefois entrer en vigueur lundi matin, selon les termes d’une déclaration conjointe approuvée dimanche par l’Arménie et l’Azerbaïdjan après soixante-douze heures de négociations menées par les Etats-Unis, où le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a reçu, séparément, les chefs de la diplomatie des deux pays. Ces derniers ont, dans un communiqué distinct publié le même jour, également convenu avec les médiateurs du groupe de Minsk, coprésidé par les Etats-Unis, la France et la Russie depuis la précédente guerre de 1992-1994 (30 000 morts), de se retrouver le 29 octobre à Genève afin de discuter « de toutes les étapes nécessaires pour parvenir à un règlement pacifique ». La nouvelle suspension des hostilités, déjà mise en doute par beaucoup, était notamment réclamée par l’Arménie qui a paru vaciller ces derniers jours sous les coups portés par son adversaire.

« C’est une situation de guerre totale pratiquement sur tout le territoire du Haut-Karabakh », déclarait dimanche, peu avant l’annonce de la trêve, le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, en recevant à Erevan une délégation de quinze parlementaires français. Si les forces arméniennes opposent une résistance farouche, la supériorité aérienne de leurs adversaires, soutenus et équipés par la Turquie, est indéniable. Les drones de combat Bayraktar TB2, en particulier, ont semé la terreur parmi la population du Haut-Karabakh hantée par leur sifflement. Conséquence, l’enclave s’est vidée : 60 % de ses habitants, essentiellement des femmes et des enfants, ont fui en Arménie. Et il s’en est fallu de peu pour que les forces azerbaïdjanaises, qui ont reçu le renfort de mercenaires syriens dépêchés par Ankara, ne s’emparent, il y a peu, du corridor de Latchine.

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