Poutine et Erdogan se jaugent au Haut-Karabakh et en Syrie

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Zohrab Mnatsakanian, le ministre arménien des affaires étrangères (à gauche) avec Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat américain, à  Washington, le 23 octobre 2020.

Rien ne semble pouvoir arrêter le conflit qui ensanglante depuis près de quatre semaines la région du Haut-Karabakh, dans le sud du Caucase, où l’armée azerbaïdjanaise et les forces indépendantistes arméniennes se sont livrées à de violents combats, vendredi 23 octobre, s’accusant mutuellement d’attaques sur des zones résidentielles.

Au même moment à Washington, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo recevait ses homologues arménien et azerbaïdjanais pour tenter une conciliation, mal partie après l’échec de deux précédentes trêves négociées par la Russie, l’arbitre régional. Les cessez-le-feu ne sont pas respectés, les tentatives de pourparlers se heurtent à un mur. Réussir à asseoir les belligérants à une même table semble relever de l’impossible.

A Washington, les ministres ont ainsi été reçus séparément par M. Pompeo, d’abord Ceyhun Bayramov, le chef de la diplomatie azerbaïdjanais, et après lui Zohrab Mnatsakanian, le ministre arménien des affaires étrangères. Un délai d’une heure s’est écoulé entre les deux entrevues, de façon à ce que les deux diplomates ne puissent pas se croiser.

Un bilan élevé

Aucune déclaration n’a été faite à l’issue des entretiens. « C’est une situation diplomatique compliquée », avait expliqué Mike Pompeo quelques jours plus tôt, soulignant « que chaque pays devait rester en dehors (…) ne pas fournir d’armements, de soutien ». Il faisait allusion à la Turquie qui soutient son allié, l’Azerbaïdjan turcophone, « sur le terrain et à la table des négociations », comme l’a déclaré récemment Mevlüt Cavusoglu, le ministre turc des affaires étrangères.

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Les deux pays sont liés depuis 2010 par un pacte militaire et Ankara, qui entraîne l’armée azerbaïdjanaise depuis des années, n’exclut pas d’envoyer un contingent sur zone au besoin. « Si l’Arménie se livre à des actions imprévues, si Bakou demande l’envoi de troupes, la Turquie n’hésitera pas », a menacé Fuat Oktay, le vice-président turc.

Sur le terrain, les affrontements se sont intensifiés vendredi. Des roquettes ont visé la ville de Martakert et plusieurs villages de la région de Martouni, au Haut-Karabakh tandis que des bombardements à l’artillerie ont frappé les régions de Terter, Agdam et Agcabadi en Azerbaïdjan. Mieux armés, les Azerbaïdjanais ont avancé ces derniers jours au sud de la province, notamment à proximité de la rivière Araxe qui borde la frontière avec l’Iran.

Près de quatre semaines de combats ont fait « environ 5 000 morts » selon le président russe Vladimir Poutine, qui n’a pas cité ses sources, évoquant « plus de 2 000 morts de chaque côté ». Ce bilan est nettement plus élevé que ceux qui ont été rapportés jusqu’ici.

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