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« Panique au 10 Downing Street, qui s’empresse de couper les ponts avec Trump et de courtiser Biden. » C’est ce que titrait en « une » le Sunday Times du 11 octobre dernier, expliquant qu’au Foreign Office et dans l’entourage de Boris Johnson, on venait de se ranger à l’hypothèse, désormais probable, d’une élection du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche. Et qu’on s’en inquiétait.
Il est vrai qu’en Donald Trump le premier ministre britannique a trouvé un détonnant partisan du Brexit et un « ami », prompt à célébrer ses mérites et leur supposée ressemblance. « Je pense que Boris ferait un très bon travail, je pense qu’il serait excellent », déclarait le président américain dans une interview au Sun en juin 2019, à propos de l’ex-secrétaire d’Etat aux affaires étrangère, alors favori pour remplacer la première ministre Theresa May. Johnson « est un homme fantastique […] exactement le gars qu’il faut en ce moment », insistait-il en novembre 2019, alors que débutait la campagne des élections générales au Royaume-Uni.
« A l’instinct »
Ce soutien a plus souvent paru embarrasser Boris Johnson qu’autre chose. Par exemple quand le président américain félicitait Nigel Farage, le chef du Brexit Party − opposant notoire des conservateurs, et appelait les deux hommes « à travailler ensemble » au Brexit. Et il y a eu cette séquence étonnante lors du sommet de l’OTAN à Londres, en décembre 2019, durant laquelle le premier ministre britannique a paru vouloir fuir Donald Trump et se ranger du côté des Européens − y compris pour s’en moquer, lors d’une séquence vidéo où on le voit plaisanter avec le Canadien Justin Trudeau, le Français Emmanuel Macron et le Néerlandais Mark Rutte.
Il faut dire que Donald Trump n’a jamais eu la cote dans l’opinion britannique. Et que les retombées concrètes de son « amitié » pour M. Johnson ne sont guère allées au-delà des mots. « Si Trump aime Johnson, c’est surtout parce qu’il a vu en lui un parallèle flattant son propre style politique. Mais le président américain a une compréhension très faible de la politique britannique, du Brexit, du Parti conservateur », estime Tim Oliver, professeur de diplomatie à l’université Loughborough de Londres. « Johnson et le Royaume-Uni, comme tous les autres gouvernements, ont eu du mal à traiter avec une administration manquant de stratégie à cause d’un président travaillant surtout à l’instinct », ajoute l’universitaire.
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