En Pologne, plusieurs manifestations contre l’interdiction quasi totale de l’avortement

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Des Polonaises et des Polonais protestent, vendredi 23 octobre, contre la décision du Tribunal constitutionnel restreignant le droit à l’IVG.

Des milliers de Polonaises et de Polonais sont sortis dans les rues de différentes villes à travers le pays, vendredi 23 octobre, bravant la pandémie de Covid-19, pour protester contre un nouveau durcissement de la loi sur l’avortement, déjà très restrictive.

La veille, le Tribunal constitutionnel avait invalidé un article autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en cas de malformation grave du fœtus.

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En Pologne, l’avortement est permis dans trois cas seulement : quand il existe une forte probabilité de handicap ou de maladie incurable du fœtus – c’est la condition ciblée par le Tribunal constitutionnel –, quand la vie ou la santé de la femme enceinte est menacée, et quand la grossesse est le résultat d’un viol ou d’un inceste.

Cette décision revient à quasi interdire l’interruption de grossesse dans le pays, dans la mesure où 96 % des quelque 1 100 avortements pratiqués légalement chaque année en Pologne concernent précisément des fœtus atteints de handicap ou de malformation grave.

La décision du Tribunal constitutionnel, a priori définitive, est contestée par l’opposition libérale et des organisations de défense des droits des femmes dans ce pays, considéré comme profondément ancré dans la tradition catholique.

Une « violation des droits de l’homme »

« C’est la guerre », « Sadiques, on vient vous chercher », proclamaient les pancartes brandies par les manifestantes et manifestants. « La décision d’hier, c’est l’interdiction totale de l’avortement en Pologne », a estimé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Krystyna Kacpura, directrice de la Fédération pour les femmes et le planning familial. « C’est l’infamie de l’Etat polonais envers la moitié de sa population, les femmes », a-t-elle insisté.

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Désormais, le sort des femmes modestes devient particulièrement « préoccupant », s’inquiète Mme Kacpura. « Il ne leur restera que diverses méthodes dangereuses, comme un avortement réalisé par des personnes non qualifiées », a-t-elle déclaré.

La décision du Tribunal constitutionnel a provoqué jeudi une réaction immédiate de la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, qui a dénoncé une « violation des droits de l’homme ». L’ex-premier ministre polonais et actuel chef du Parti populaire européen (PPL), Donald Tusk, a, lui, parlé de « crapulerie politique ».

La présidence polonaise et l’épiscopat de Pologne ont, de leur côté, exprimé leur « satisfaction » à la suite du jugement prononcé par ce tribunal.

Selon des ONG, le nombre d’IVG pratiquées clandestinement en Pologne ou dans des cliniques étrangères pourrait atteindre près de 200 000 par an.

Le Monde

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