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Le dernier débat présidentiel entre Joe Biden et Donald Trump n’a pas consacré un mais une vainqueure, la modératrice Kristen Welker. Un peu moins d’un mois après le chaos provoqué lors du premier face-à-face par les interruptions incessantes du président sortant, que Chris Wallace, malgré toute son expérience, avait été incapable de juguler, la journaliste de NBC s’est imposée comme un métronome efficace. La décision de la commission des débats présidentiels de couper le micro des candidats lorsqu’ils n’étaient pas invités à prendre la parole au début de chaque dossier a certainement joué.
Le bénéfice de l’habileté de Kristen Welker et de cette arme de dissuasion est allé aux citoyens américains. Ils ont pu entendre cette fois-ci deux candidats que presque tout oppose exposer leurs idées, leur vision des Etats-Unis, mais aussi leurs critiques de leur adversaire, de manière ordonnée et intelligible.
Donald Trump regrettera sans doute, rétrospectivement, de n’avoir pas adopté la même tactique le 29 septembre. Energique malgré sa contamination par le coronavirus, il y a trois semaines, le président sortant a livré sans doute l’une des meilleures performances de sa brève carrière politique. Ses traits les plus efficaces ont été portés lorsqu’il a régulièrement fait mine de s’étonner que l’ancien vice-président n’avait pas eu l’idée de développer les programmes qu’il exposait lorsqu’il était au pouvoir.
« Que des paroles, et pas d’action ! », a-t-il moqué en renouant avec la posture qui lui avait si bien réussi il y a quatre ans lorsqu’il était un outsider face à des professionnels de la politique. Cette posture, pourtant, est plus difficile à occuper après quatre années à la Maison Blanche. Donald Trump s’est montré à son avantage pour vanter ses succès avec l’hyperbole qui toujours l’accompagne, mais il s’est montré plus soucieux d’attaquer les projets de Joe Biden que de présenter les siens pour un nouveau mandat.
L’impatience d’en finir
Distancé dans les intentions de vote, Donald Trump était arrivé à Nashville (Tennessee), où se déroulait le débat avec la volonté de relancer la course. Il a consacré une partie de son temps de parole à revenir sur les controverses qui impliquent le fils de son adversaire, Hunter Biden, accusé d’avoir utilisé son nom pour faire des affaires. « Vous devez une explication aux Américains », « n’essayez pas de vous présenter en bébé innocent ! », a martelé le président à propos d’accusation qu’il ne cesse opportunément de mettre en scène à quelques jours du scrutin mais qui restent dépourvues pour l’instant d’éléments factuels convaincants.
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