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Après les municipales au printemps, le Covid-19 pourrait perturber aussi le déroulement des régionales et des départementales prévues en mars, une commission devant trancher entre la majorité favorable au report et l’opposition qui craint un “confinement démocratique”.
Fin mars, fin juin, voire après la présidentielle de 2022 ? Le Premier ministre Jean Castex a désigné mercredi Jean-Louis Debré, l’ancien président du Conseil constitutionnel, comme “grand sage” chargé de mener une mission pour décider, d’ici la fin de l’année, du report des prochaines échéances électorales, alors que la France est entrée dans la deuxième vague de Covid-19.
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a laissé entendre jeudi que la conclusion du rapport Debré serait rendue “dans trois semaines, un mois”.
Si l’opposition laisse la porte ouverte à un renvoi de quelques mois, elle rejette un report au-delà de la présidentielle, une possibilité qu’Emmanuel Macron avait déjà, à la grande fureur de la droite, laissé entrevoir au printemps afin de ne pas interférer avec le plan de relance.
“C’est un caillou dans la chaussure pour les oppositions et un report ne serait pas une bonne nouvelle pour elles”, explique à l’AFP Romain Pasquier, politologue et directeur de recherche au CNRS.
A droite, des présidents de régions comme Xavier Bertrand (Hauts-de-France), Valérie Pécresse (Ile-de-France) ou encore Laurent Wauqiuez (Auvergne-Rhône-Alpes) pourraient utiliser les régionales comme un tremplin pour 2022.
Pas étonnant dans ces conditions que le président des Républicains, Christian Jacob, ait demandé à “clarifier les choses très rapidement”.
“Soit il y a des risques sanitaires et là c’est un cadre qui pourrait justifier un report. Mais, si on peut utiliser librement les moyens de transport, aller travailler, faire ses courses, la démocratie doit être respectée également”, estime-t-il.
Un report pourrait également contrarier les plans de la gauche et des écologistes pour se projeter vers 2022, eux qui attendent des régionales qu’elles confirment leurs bons résultats aux municipales.
“Quelques mois, pourquoi pas, mais si on fixe la date butoir (…) et à la condition de ne pas confiner la démocratie”, dit à l’AFP Olivier Faure, premier secrétaire du PS.
– La majorité favorable –
Julien Bayou, secrétaire national d’EELV et chef de file des écologistes aux régionales d’Ile-de-France, est sur la même ligne: “On ne peut pas mettre la démocratie sous cloche”, insiste-t-il auprès de l’AFP.
Si l’opposition fait preuve de méfiance, des poids lourds de la majorité, dont Richard Ferrand et François Bayrou, soutiennent désormais clairement un report, même si la ligne officielle du gouvernement est toujours qu’il “souhaite que ces élections puissent se tenir”, selon les mots du porte-parole Gabriel Attal.
Chez LREM, analyse M. Pasquier, “ils sentent bien qu’ils ne sont pas en position de force et que les oppositions sont aussi assez faiblardes avec aucun leader naturel qui se dégage à gauche ou à droite. Rester en l’état jusqu’à la présidentielle, ce ne serait pas une mauvaise stratégie” pour le parti présidentiel.
Quant au président des Régions de France, Renaud Muselier, il a lancé une mise en garde à M. Castex en le recevant lundi au congrès annuel de son association: “Rien ne nécessite à ce stade de modifier la date des élections”, a-t-il assuré.
“Nous devons rester concentrés sur nos trois crises (sanitaire, économique et sociale). N’ajoutons pas une crise politique à cause d’un calendrier”, a-t-il prévenu.
“Je ne suis pas sûr que la démocratie locale soit sortie grandie des municipales avec un taux de participation qui s’est effondré, les risques sanitaires que l’on a fait prendre aux élus et à nos concitoyens”, tempère M. Pasquier.
Pour sa part, le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Dominique Bussereau, est “par principe plutôt opposé” à un report des élections.
“Mais s’il y a une impossibilité due à la situation épidémique, je comprendrais parfaitement”, ajoute-t-il, après l’appel de sept départements, majoritairement LR à repousser les élections de mars.
© Agence France-Presse
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