Les manifestants thaïlandais s’inspirent de la révolte de Hongkong

0
77

[ad_1]

Manifestation près de Government House, les bureaux du premier ministre, à Bangkok, mercredi 21 octobre 2020.

Est-ce une première concession de la part du pouvoir thaïlandais, alors que les manifestations de rue ne faiblissent pas ? L’état d’urgence « renforcé », qui interdisait tout rassemblement politique de plus de quatre personnes à Bangkok et permettait arrestations arbitraires et censure, a été levé jeudi 22 octobre par le premier ministre thaïlandais, Prayuth Chan-o-cha. L’annonce a peu de chances de susciter l’approbation des dizaines de milliers d’étudiants et de jeunes qui manifestent désormais tous les jours dans différents points névralgiques de Bangkok et dans d’autres villes du royaume.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La Thaïlande impose un état d’urgence « renforcé » et interdit les manifestations

Le premier ministre, héritier de la junte militaire mise en place après le coup d’Etat perpétré en 2014, dont il est l’auteur, celui-là même que la fronde étudiante exige de voir quitter son poste, avait déjà déclaré dans une adresse télévisée à la nation, mercredi soir, être prêt à lever l’état d’urgence renforcé imposé la semaine dernière « afin de permettre une désescalade de l’actuelle situation », et à la condition que les manifestations cessent et que ne se produise « aucun incident violent ».

La proposition, assortie d’un semblant d’excuses à propos de la dispersion musclée à coups de canon à eau d’un rassemblement vendredi – incident qui n’a fait que renforcer la colère estudiantine contre le système de pseudo-démocratie en vigueur –, pèche par le fait que nulle violence n’a jusqu’ici émaillé les manifestations quotidiennes.

« Va te faire foutre, Prayuth »

Mercredi soir, les chefs autoproclamés du jour, désormais électrons libres d’une révolte décapitée en fin de semaine après l’arrestation de ses principaux meneurs, ont fait preuve de l’humour qui caractérise le mouvement, en rédigeant un formulaire géant de démission du premier ministre. Celui-ci n’avait plus qu’à le signer. Solennellement remis au secrétaire personnel du chef du gouvernement, le texte allait droit au but : « Moi, Prayuth Chan-o-cha, qui ai abusé de mon pouvoir, fait acheter des bulletins de vote, ai imposé l’écriture d’une Constitution inique et négocié ma position pour utiliser la monarchie afin de me hisser au poste de premier ministre, je démissionne. »

Le même jour, réunis devant les bureaux du gouvernement, les manifestants avaient promis de continuer le combat, signe clair du rejet de la main – faiblement – tendue par le pouvoir. On imagine que Prayuth Chan-o-cha, dont la capacité d’autodérision n’est pas la qualité première, aura fort peu goûté l’humour étudiant, alors que depuis les foules excitées monte régulièrement le cri de « va te faire foutre, Prayuth ».

Il vous reste 51.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: