Joe Biden persévère dans sa stratégie d’esquive

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Joe Biden en campagne à Durham, en Caroline du Nord, le 18 octobre.

A moins de deux semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre, le contraste ne peut guère être plus prononcé entre la campagne de Joe Biden et celle de Donald Trump. Le premier limite au strict minimum ses déplacements. Le second continue de parcourir les Etats clés à une allure soutenue. L’équipe de campagne du président sortant a même annoncé en début de semaine la multiplication des meetings tenus dans la même journée, dans les derniers jours qui précéderont le scrutin.

L’épidémie a poussé dès le mois de mars l’équipe de campagne du candidat démocrate à renoncer aux meetings et à réduire les interactions avec le public. La proximité de l’élection n’a pas modifié la donne. Le camp Biden sait qu’il a l’opinion américaine en sa faveur sur ce point. Un sondage Ipsos pour le site Axios publié le 20 octobre a montré que 75 % des personnes interrogées jugent « risquée » la participation à un meeting politique, dont 58 % qui estiment qu’il s’agit d’un risque important.

Alors que l’opacité continue d’entourer la contamination de Donald Trump par le coronavirus, le 1er octobre, effacée par une convalescence éclair, Joe Biden communique quotidiennement le résultat pour l’instant invariablement négatif de ses tests. Lorsque sa colistière Kamala Harris a découvert le 14 octobre qu’elle avait voyagé dans le cadre de la campagne avec deux personnes infectées, sans avoir été à proprement parler en contact avec elles, elle a suspendu par précaution pendant quatre jours sa campagne.

Les deux derniers discours de Joe Biden remontent au 16 octobre, dans le Michigan, un Etat décisif. L’ancien vice-président n’est pas apparu en public depuis le début de la semaine, préférant se consacrer officiellement à la préparation du dernier débat qui devait l’opposer à Donald Trump à Nashville (Tennessee), jeudi 22 octobre.

Stratégie peu orthodoxe

En mai, d’anciens stratèges électoraux de Barack Obama se sont inquiétés de l’absence de visibilité du démocrate, estimant qu’il ne pouvait pas se contenter de laisser Donald Trump s’enferrer dans la crise sanitaire. Le camp Biden a fait la sourde oreille et la reprise de l’épidémie, à la même période, a consolidé l’écart qui le sépare du président sortant dans les intentions de vote.

« Il n’a aucune raison en l’état de changer quoi que ce soit, aussi peu orthodoxe son style de campagne soit-il », estime Bill Galston, spécialiste de la politique américaine à la Brookings Institution, un cercle de réflexion de Washington plutôt proche des démocrates, par ailleurs chroniqueur au Wall Street Journal. « La stratégie a reposé sur l’analyse selon laquelle cette campagne aurait plus comme sujet principal Donald Trump que Joe Biden. L’objectif est de montrer que l’ancien vice-président peut représenter une alternative acceptable à un président qui ne mérite pas un second mandat », estime-t-il, « et Donald Trump fait ce qu’il faut » pour valider ce point, principalement sur le sujet du coronavirus.

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