Des œuvres d’art dégradées dans plusieurs musées renommés de Berlin, le mystère demeure

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Friederike Seyfried, directrice de la collection égyptienne du Neues Museum de Berlin, montre les dégâts causés, mercredi 21 octobre.

Provocation ciblée ou vandalisme gratuit ? Des dizaines d’œuvres d’art ont récemment été dégradées dans plusieurs musées renommés de Berlin, en pleine journée, selon un mode opératoire qui déroute enquêteurs et responsables culturels. La police judiciaire de Berlin mène une enquête pour « déprédations sur des œuvres d’art et des artefacts », a déclaré un porte-parole à l’Agence France-Presse (AFP).

Parmi les soixante-trois œuvres souillées avec « une substance huileuse » figurent des sculptures et sarcophages égyptiens ainsi que des toiles du XIXe siècle. Les objets sont exposés dans trois des cinq bâtiments de la célèbre « Ile aux Musées », au cœur de la capitale berlinoise, a précisé la police lors d’une conférence de presse.

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Pour Christina Haak, directrice adjointe des musées berlinois, il s’agit des « dommages les plus importants [perpétrés] contre des objets de collection dans des musées publics ».

De nombreuses questions demeurent

L’hebdomadaire Die Zeit et la radio Deutschlandfunk ont révélé cette affaire, qui avait été tenue secrète pendant près de trois semaines « pour des raisons liées à l’enquête et par égard pour les collectionneurs qui ont prêté les œuvres » endommagées, selon les autorités.

Les actes de vandalisme ont été commis le 3 octobre – jour de la célébration de la réunification allemande – pendant les heures d’ouverture des musées entre 10 heures et 18 heures. Les trois bâtiments concernés sont le Nouveau Musée, le Musée de Pergame et l’Ancienne Galerie Nationale.

Jusqu’à présent, il n’a pas été possible de déterminer quand exactement les méfaits ont été perpétrés, a souligné Carsten Pfohl, un responsable de la police judiciaire. Le visionnage des caméras de surveillance n’a rien donné et le personnel interrogé n’a rien remarqué. Quelque 3 000 personnes ont visité ce jour-là les trois musées visés. Le motif des vandales est également inconnu, a admis M. Pfohl.

Il s’est distancé des articles de presse suggérant un possible lien avec une figure de proue des théories conspirationnistes en Allemagne : ce dernier, Attila Hildmann, pilier des opposants aux mesures restrictives prises face à la pandémie, s’en était pris en septembre au musée de Pergame, le plus célèbre de l’île, affirmant qu’il abritait « le trône de Satan ». « Nous ne voulons pas participer à de telles spéculations », a déclaré M. Pohl. « Nous enquêtons dans toutes les directions. »

Un vol spectaculaire sur l’Île aux Musées en 2017

L’ampleur des dégradations est variable selon les objets, certaines étant à peine clairement visibles, a expliqué la directrice du Musée égyptien Friederike Seyfried. « Pour nous, c’est une expérience douloureuse à laquelle nous ne nous attendions pas », a-t-elle regretté, ajoutant que les travaux de restauration seront considérables sans pouvoir pour le moment en chiffrer le coût. « On ne peut pas tout simplement enlever l’huile en l’essuyant. »

En 2017, un vol spectaculaire avait eu lieu dans l’un des établissements de l’île, le Musée de Bode. Deux hommes, liés avec le milieu du crime organisé de Berlin, s’étaient emparés d’une pièce d’or de 100 kg, d’une valeur de 3,75 millions d’euros.

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Les malfaiteurs avaient été condamnés à des peines de prison fermes. La pièce, elle, n’a jamais été retrouvée. Les enquêteurs estiment qu’elle a sans doute été fondue et l’or revendu ou expédié à l’étranger.

Le Monde avec AFP

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