Le Danemark s’interroge après l’évasion manquée de Peter Madsen, le meurtrier de la journaliste Kim Wall

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La police danoise a réussi à arrêter Peter Madsen, au terme d’un long face-à-face visant à déterminer qu’il n’avait pas de vrais explosifs sur lui.

S’agit-il d’un fiasco pour un des systèmes pénitentiaires les plus ouverts au monde ? Le Danemark cherchait à comprendre, mercredi 21 octobre, comment Peter Madsen, le « tueur du sous-marin », a failli réussir à s’échapper de sa prison de haute sécurité.

« C’est un échec majeur », a reconnu auprès de l’Agence France-Presse (AFP) John Hatting, président de l’Union de la prise en charge criminelle, un syndicat pénitentiaire. « Qu’il soit parvenu à cacher un faux pistolet mais aussi quelque chose d’aussi dingue qu’une fausse ceinture d’explosifs, c’est absolument inacceptable. Ça n’aurait pas dû avoir lieu », dit-il.

Peter Madsen, 49 ans, purge une condamnation à la perpétuité pour le meurtre en 2017 de la journaliste suédoise Kim Wall dans un sous-marin artisanal de sa fabrication. Une affaire au scénario de polar nordique qui avait eu un retentissement international.

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Mardi matin, à l’aide de ces fausses armes, Peter Madsen est parvenu à menacer le personnel pour s’exfiltrer du centre pénitentiaire de Herstedvester, dans la banlieue de Copenhague. Alors qu’il avait réussi à s’engouffrer dans un véhicule passant par là pour prendre la fuite, la police a réussi à le cerner, avant de l’arrêter au terme d’un long face-à-face visant à déterminer qu’il n’avait pas de vrais explosifs sur lui.

Le meurtrier de 49 ans pourrait avoir bénéficié de complicités, notamment pour se fournir de quoi se fabriquer ses fausses armes, selon la police. « Quelqu’un a pu l’aider dans le cadre de son évasion, et c’est ce que les quatorze prochains jours doivent permettre d’éclaircir », a déclaré de son côté le procureur chargé du dossier, Rasmus Kim Petersen.

Une prison « fermée » de haute sécurité

Le Danemark, comme d’autres pays nordiques, a des conditions d’emprisonnement qui se veulent les plus humaines possible, souvent citées en exemple. Mais c’est aussi un des pays d’Europe où le nombre d’évasions est le plus élevé. Un phénomène notamment lié au fait que de nombreux détenus effectuent des peines dans des prisons dites « ouvertes », où ils peuvent avoir des permissions le week-end.

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Peter Madsen était, lui, détenu dans une prison « fermée » de haute sécurité. Il ne passait pas toute sa journée en cellule et avait accès aux activités offertes au détenu danois lambda : soins, bibliothèque, atelier, épicerie où acheter de quoi faire ses repas, selon John Hatting. « Ses conditions n’étaient pas meilleures ou pires que n’importe qui d’autre. La différence principale est que son contact avec le monde extérieur était très limité, par respect pour la famille de sa victime et pour la société en général », explique-t-il.

C’est pour cette raison que Peter Madsen aurait préparé son plan d’évasion, a expliqué son avocat Anders Larsen. « Il pense que ses conditions de visite et de communication ont été durcies avant tout du fait de sa personne (…) et c’est ça qui l’a motivé », a-t-il déclaré. Peter Madsen a reconnu mercredi les six charges qui lui étaient reprochées pour son évasion, à l’exception de possibles complicités, a précisé son avocat. Il est détenu dans un nouveau lieu tenu secret.

Selon le droit danois, un condamné à la perpétuité peut demander sa libération anticipée à partir de douze ans de peine. Mais la tentative d’évasion risque d’annihiler ses chances d’en bénéficier un jour, selon les experts.

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Le Monde avec AFP

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