[AFP] Saint-Gilles. 10 mois ferme requis contre un restaurateur pour blanchiment

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Le gérant de deux restaurants très fréquentés de l’Ouest, Le Ti Coq à Saint-Gilles et Le Karousel à La Possession, était cité à comparaître, hier, devant le tribunal correctionnel pour des faits de travail dissimulé et blanchiment de fraude fiscale.

Si lui était absent pour raisons de santé, sa fille de 25 ans également poursuivie pour blanchiment était bien présente à la barre. Il leur est reproché d’avoir, entre 2015 et 2018, utilisé la société d’événementiel au nom de la fille pour faire transiter les recettes en liquide des restaurants et des soirées dansantes qu’ils organisaient par ailleurs à Saint-André. La somme d’1,4 million d’euros aurait ainsi échappé à la comptabilité officielle des établissements.

“C’était pour aider mon père, dont les comptes étaient bloqués par des dettes. Le compte de ma société servait à payer les charges, les salariés et les impôts des restaurants” assure la jeune femme à la barre, persuadée qu’elle ne faisait rien d’illégal. “Pour moi, il n’y avait rien de malhonnête” assure-t-elle, sa défense rejetant la faute sur le comptable de leurs sociétés.

Trop facile selon l’accusation, qui pointe “une société bidon, qui ne servait qu’à faire transiter de l’argent liquide.” “On ne saura jamais à combien s’élevait le chiffre d’affaires réel des restaurants, puisque ce système était mis en place pour frauder et sortir un maximum de liquide. Cela au détriment des impôts, mais aussi des concurrents qui, eux, font des efforts pour être en règle” martèle le ministère public.
Le vice-procureur Philippe Leonardo va requérir 10 mois de prison ferme, 50 000 euros d’amende et une interdiction définitive de gérer à l’encontre du restaurateur, déjà sanctionné “plusieurs fois” pour fraude fiscale, ainsi que six mois de prison avec sursis et 25 000 euros d’amende à l’encontre de sa fille.

 

“La faute du comptable”

 

En défense, on s’indigne de la qualification de blanchiment employée par la poursuite. “Le blanchiment a pour but de dissimuler des sommes d’argent sale, ce qui n’était pas le cas puisqu’il s’agissait de recettes qui servaient à payer les charges, le personnel et les fournisseurs” plaide Me Rémi Boniface en réclamant la relaxe de sa cliente. “Ce n’est peut-être pas un système très orthodoxe, mais il n’y avait pas d’intention autre que celle de garder l’entreprise en vie et payer les créanciers” précise l’avocat de la restauratrice.

Pour le père de celle-ci, Me Jérôme Bachou rappelle que “la commission des infractions fiscales n’a jamais été saisie, donc il ne peut y avoir de blanchiment d’une fraude fiscale.” Impossible pour lui non plus de qualifier de travail dissimulé l’emploi de la fille de son client. “Elle était associée. D’ailleurs c’est elle qui gère l’établissement en son absence. C’est la faute du comptable si le contrat de location-gérance n’a pas été signé” affirme-t-il, réclamant lui aussi la relaxe.

L’affaire a été mise en délibéré au 3 novembre.

S. G.

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