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Une économie florissante, une situation internationale relativement stable : les trois premières années de la présidence de l’ancien homme d’affaires n’avaient pas véritablement permis de juger l’efficacité du trumpisme comme méthode de gouvernement par temps de crise. Il en est allé tout autrement lorsque la pandémie de Covid-19 a commencé à déferler sur les Etats-Unis. Elle a alors cruellement souligné ses travers : le court-termisme, la suspicion vis-à-vis de l’expertise et de la science, l’incapacité à fédérer, la quête de boucs émissaires, le manque d’empathie et la propension à transformer chaque sujet en plébiscite présidentiel.
Deux semaines durant, du 11 au 24 mars, Donald Trump a endossé les habits des circonstances, se définissant en « président par temps de guerre ». L’opinion publique américaine, fidèle au réflexe de « rassemblement autour du drapeau », lui en a su gré. Il a alors enregistré ses plus forts taux d’approbation depuis son arrivée dans le bureau Ovale, selon les calculs du site RealClearPolitics. La parenthèse s’est refermée dès que le président, sensible à l’aile pro-business de sa coalition, a milité pour la réouverture de l’économie, quels qu’en soient les risques.
Dès lors, sa responsabilité n’a été qu’à éclipses. Le président a prouvé de manière répétée qu’il faisait plus confiance à ses instincts qu’à ses experts en dépit des circonstances. Lors de la présentation en avril d’un plan graduel de déconfinement « basé sur la science » et « les dernières données disponibles », Donald Trump se montre rassembleur. « Nous travaillons vraiment tous ensemble, démocrates, républicains, conservateurs, progressistes. Il ne s’agit pas de politique, il s’agit de notre pays », assure-t-il.
Braver les règles de confinement
Le lendemain, pourtant, le même homme appelle les habitants de plusieurs Etats-clés pour la présidentielle de novembre, dirigés par des gouverneurs démocrates, à braver les règles de confinement, et à une forme de rébellion contre ceux qui ont imposé des restrictions. « Libérez le Minnesota ! », « Libérez le Michigan ! » et « Libérez la Virginie », lance-t-il dans une série de messages publiés sur son compte Twitter, en lettres capitales.
Il vante également un médicament contre le paludisme qui n’a pas fait l’objet des tests nécessaires, l’hydroxychloroquine, forçant la Food & Drug Administration (FDA) à publier une autorisation d’utilisation en urgence le 28 mars que l’agence fédérale annulera le 15 juin, faute de résultats probants.
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