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« Don’t California my Arizona. » C’est l’une des pancartes brandies en Arizona par les fidèles de Donald Trump, qui reprochent aux nouveaux venus californiens d’attenter à leur mode de vie et de vouloir transformer « leur » Etat en havre socialiste. Le slogan vaut aussi pour nombre de voisins ou de concurrents du Golden State. « Don’t California my Nevada », « my Texas ». Ou, variante plus osée, « Don’t californicate my Oregon ».
Tous ces slogans portent le même message : si les démocrates montent en puissance dans les Etats de l’Ouest américain, c’est la faute aux Californiens. « Ils s’installent chez nous avec leurs poubelles », assénait Sabrina Robidoux, 60 ans, une grand-mère de Phoenix, rencontrée le 3 octobre dans la foule de quelques centaines de personnes qui se désolaient de l’annulation de la visite de Donald Trump dans leur Etat, pour cause de Covid-19 et d’hospitalisation.
Ce n’était que partie remise. Dimanche 18 et lundi 19 octobre, Donald Trump est de retour dans l’Ouest. Non pas, cette fois, pour essayer de séduire les Latinos, mais pour tenter de sauver des régions traditionnellement républicaines qui ne devraient pas avoir besoin d’une nouvelle visite du candidat, à deux semaines du scrutin. Carson City par exemple, dans le nord du Nevada en plein boom économique et technologique. Ou Prescott, sur les hauteurs nord de l’Arizona, où Barry Goldwater, le père du conservatisme anti-gouvernement, lança sa campagne présidentielle en 1964 ; là aussi où John McCain avait fini la sienne en novembre 2008 – McCain, dont la veuve Cindy a pris fait et cause pour Joe Biden.
A croire que la Californie, cible privilégiée de Donald Trump, se venge. Certains des bastions historiques de l’individualisme républicain ploient sous le nombre de millenials arrivant de Los Angeles ou de la Silicon Valley ; de retraités ou d’immigrants qui ne peuvent plus supporter le coût du logement dans le Golden State.
Une ruée vers l’Ouest à rebours
Ils ne sont pas tous, loin de là, des progressistes en mission d’évangélisation pour l’impôt sur la fortune prôné par Bernie Sanders, mais ils changent le rapport de forces dans leurs nouvelles résidences. Leurs « valeurs » sont celles de la défense de l’environnement, du multiculturalisme, de l’assurance santé pour tous.
A quoi les républicains des Etats voisins ajoutent les « plaies » qu’ils ne souhaitent pas voir importées chez eux : impôts élevés, réglementations sur la pollution, sans-abri dans les rues, avortements financés par le contribuable. « En Californie, le consentement parental n’est pas nécessaire pour les mineures. En Arizona, l’éducation sexuelle n’est pas obligatoire à l’école. Qu’avons-nous en commun avec nos voisins ? », interroge ainsi le très conservateur Center for Arizona Policy qui défend les « valeurs fondamentales » de la vie, du mariage et de la liberté religieuse.
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