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Le déficit budgétaire des Etats-Unis a triplé pour l’exercice clos au 30 septembre 2020, atteignant 3 132 milliards de dollars, a annoncé, vendredi 16 octobre, le département du Trésor américain. Ce chiffre représente environ 16,1 % du produit intérieur brut, un record depuis la seconde guerre mondiale. Il s’explique par les mesures de relance pour lutter contre les effets de la pandémie du Covid-19.
Les recettes ont atteint 3 420 milliards de dollars, un niveau quasi stable par rapport à 2019 mais en retard de 8 % par rapport au budget. Surtout, elles représentent à peine plus de la moitié des dépenses fédérales. Ces dernières ont explosé, atteignant 6 552 milliards de dollars, soit une hausse de 47 % par rapport à l’année précédente.
Cette envolée des dépenses s’explique notamment par les allocations-chômage exceptionnelles (440 milliards de plus que le budget prévisionnel), le soutien aux entreprises et d’aides fiscales aux ménages (1 050 milliards de plus que prévu) et les dépenses de santé (182 milliards supplémentaires). Les dépenses agricoles ont été de 29,6 milliards supérieures au budget.
Une récession bien moins sévère que celle de la zone euro
Ces mesures ont été tellement puissantes qu’elles ont permis d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages américains depuis le mois de mars jusqu’en août tandis que le pays a récréé 11 millions des 22 millions d’emplois qu’il avait détruits en mars en avril. Le taux de chômage était en septembre de 7,9 %. Selon les prévisions d’octobre du FMI, les Etats-Unis subiront une récession de 4,3 % du PIB en 2020, bien moins sévère que celle de la zone euro (moins 8,3 %), suivie d’un rebond de 3,1 % en 2021 (5,2 pour la zone euro).
En un an, la dette fédérale a progressé d’un quart, passant de 16 800 milliards à 21 000 milliards de dollars. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, elle a dépassé 100 % de la richesse nationale. Selon les chiffres du FMI publiés en octobre, la dette publique américaine sera passée de 109 à 131 % du PIB aux Etats-Unis et de 84 à 101 % dans la zone euro entre 2019 et 2020. Aux Etats-Unis, nul ne s’inquiète vraiment du surendettement : avec la baisse des taux d’intérêts, ramenés à zéro par la banque centrale, les intérêts d’emprunts ont baissé par rapport à l’année précédente.
Cette dérive des finances intervient alors que républicains et démocrates ne parviennent pas à s’entendre sur un nouveau plan de relance d’environ 1 900 milliards de dollars. Celui-ci prévoit de nouvelles allocations-chômage fédérales, lesquelles ont expiré fin juillet, un renflouement des compagnies aériennes et une aide aux Etats fédérés et collectivités locales parfois au bord de la faillite. Il est appelé de ses vœux par le président Donald Trump et le président de la Reserve fédérale américaine Jerome Powell, mais certains élus républicains redécouvrent, à l’approche d’élections très difficiles pour eux, les vertus d’une orthodoxie budgétaire enterrée depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Et ils ne veulent pas venir en aide aux villes et Etats gérés par les démocrates, frappés par la crise du Covid-19.
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