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Elle est arrivée sur la scène de la Convention du Parti républicain, le 24 août, perchée sur de vertigineux stilettos, ses longs cheveux bruns tombant en cascade sur ses épaules. Moulée dans une robe rouge sang (la couleur du parti), s’adressant d’une voix de stentor à un auditorium vide pour cause de pandémie, Kimberly Guilfoyle, compagne du fils de Donald Trump, a, et c’est peu dire, fait forte impression.
« Elle a parlé comme le président tweete », commentait le lendemain le New York Times. « Kimberly Guilfoyle hurle dans le vide », ricanait le site Internet du New York Magazine, The Cut. À la fois ultra-féminine dans sa mise (ongles en lames de rasoir, faux cils comme des rideaux, silhouette pulpeuse soulignée par des robes sexy) et résolument prédatrice dans son attitude, elle est une sorte de Wonder Woman de la cause conservatrice.
Aux côtés de Kayleigh McEnany (porte-parole de la Maison Blanche), Tomi Lahren (présentatrice chez Fox News), Hope Hicks (ancienne directrice de la communication de la Maison blanche) ou Kellyanne Conway (ex-conseillère du président), cette ancienne animatrice télé de 51 ans incarne parfaitement la guerrière trumpiste. Elle ne cesse de prendre du galon dans la petite armée de femmes qui entourent le président des États-Unis et ont en commun une ambition revendiquée, une apparence très travaillée et une radicalité totalement décomplexée.
Des photos du pénis de ses amants
Décomplexée, Guilfoyle semble l’être aussi sur son lieu de travail. Après sa prestation remarquée de la fin août (saluée par Donald Trump comme « l’une des meilleures qu’[il ait] jamais vues » et « tellement pleine d’énergie »), la voilà de retour dans l’actualité, pour des raisons moins glorieuses. Dans une enquête du 2 octobre intitulée « L’histoire secrète du départ de Fox de Kimberly Guilfoyle », le New Yorker confirme les soupçons qui planaient depuis deux ans sur l’éviction express de cette ancienne présentatrice star de la chaîne, en juillet 2018.
On y retrouve les éléments désormais familiers des cas de harcèlement sexuel qui ont fait tomber ces dernières années nombre d’hommes haut placés : des contrats de confidentialité empêchant les victimes de s’exprimer publiquement, des accords à l’amiable afin d’acheter leur silence et surtout une atmosphère d’abus de pouvoir au profit des puissants. En l’occurrence, d’une puissante. « J’écris sur ces affaires depuis l’affaire Anita Hill, en 1991, nous a écrit l’autrice de l’article, Jane Mayer, dans un e-mail, mais c’est la première fois que je couvre le cas d’une patronne femme accusée par une subordonnée femme de harcèlement sexuel sur le lieu de travail. »
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