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Arrivés à bord de trois avions sur le tarmac de l’aéroport de Sanaa, au Yémen, des centaines de rebelles houthistes ont été accueillis sur le tapis rouge, en grande pompe, par une fanfare et un aéropage de dignitaires politiques et militaires, jeudi 15 octobre. Au même moment, des avions atterrissaient à Seyoun, dans le Sud-Est, en zone gouvernementale, et à Abha, en Arabie saoudite. Le gouvernement yéménite soutenu par Riyad et les rebelles houthistes ont entamé un échange de 1 081 prisonniers, « le plus vaste depuis le début du conflit », selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), maître d’œuvre de cette opération qui doit s’achever vendredi.
« L’opération (…) montre une fois de plus que le dialogue pacifique peut donner des résultats », a salué l’émissaire des Nations unies au Yémen, Martin Griffiths. Fruit d’un accord passé fin septembre en Suisse sous l’égide de l’ONU, cet échange doit permettre la libération de « 681 rebelles et de 400 membres des forces gouvernementales (et alliées) », avait alors précisé un membre de la délégation gouvernementale. Il est le premier signe de progrès dans le processus engagé pour trouver un règlement politique au Yémen, où s’affrontent depuis 2014 le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyé par une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, et les houthistes, soutenus par l’Iran.
« Je réitère mon appel aux parties à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les civils détenus arbitrairement, dont des journalistes et des prisonniers politiques », a poursuivi M. Griffiths. Cet échange reste en effet très en deçà des engagements pris par les belligérants lors de négociations de paix en Suède en 2018, notamment l’échange de 15 000 détenus. « Il y a eu depuis des échanges de quelques dizaines de prisonniers par l’entremise d’acteurs locaux, mais rien de cette ampleur. Il y a beaucoup de civils aux mains des houthistes, qui contrôlent les villes et emprisonnent leurs opposants politiques », explique Abdulghani Al-Iryani du Centre Sanaa pour les études stratégiques.
Grave crise humanitaire
« Parvenir à cet accord a pris beaucoup de temps car les prisonniers sont vus par chaque partie comme une monnaie d’échange pour obtenir de la partie adverse des concessions sur d’autres dossiers où ils ont du mal à faire des compromis », analyse Peter Salisbury de l’International Crisis Group (ICG). Quatre figures loyalistes de premier plan, dont le frère du président Hadi, le général Nasser Mansour Hadi, détenues par les rebelles houthistes, ne semblent pas faire partie de l’échange. Quinze Saoudiens et quatre Soudanais, qui combattaient au sein de la coalition militaire emmenée par Riyad, ont, eux, été libérés. Selon l’expert de l’ICG, « l’Arabie saoudite a donné l’impulsion finale et poussé le gouvernement yéménite à un accord car elle voulait libérer ces prisonniers ».
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