La dernière dirigeante du Cachemire, Mehbooba Mufti, détenue depuis quatorze mois, a été libérée

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Mehbooba Mufti, alors ministre en chef du Jammu-et-Cachemire), à Srinagar, le 13 juillet 2016.

Mehbooba Mufti, première femme dirigeante du Jammu-et-Cachemire, de 2016 à 2018, était la dernière élue de premier plan à être encore privée de liberté au Cachemire par le gouvernement de Narendra Modi. Elle a été libérée mardi 13 octobre au soir, après quatorze mois de rétention et d’assignation à résidence.

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Elle avait été arrêtée, comme la plupart des leaders politiques, à la veille du coup de force de Modi, dans le seul Etat de l’Inde à majorité musulmane. Le 5 août 2019, le premier ministre indien avait révoqué subitement l’autonomie de cette région, inscrite dans la Constitution, et l’avait rétrogradée au statut de territoire de l’Union gouverné directement par New Delhi. Le premier ministre indien avait également décidé de diviser le Jammu-et-Cachemire en en séparant le Ladakh, sa partie orientale à majorité bouddhiste.

De 7 000 à 8 000 personnes arrêtées sans explication

La libération de Mehbooba Mufti intervient à la veille d’une décision importante de la Cour suprême la concernant. Le 29 septembre, lors de l’audience, la plus haute juridiction, saisie par sa fille sur la légalité de la détention, avait donné deux semaines, jusqu’au 14 octobre, au gouvernement central et à l’administration du Jammu-et-Cachemire pour dire « combien de temps Mehbooba Mufti pouvait être maintenue en détention ». Le représentant de l’administration avait invoqué la nécessité du « maintien de l’ordre public », mais les juges avaient souligné qu’une telle mesure ne pouvait « être éternelle ».

L’administration de la région himalayenne s’appuie sur une loi sur la sécurité publique qui permet une détention administrative jusqu’à deux ans, sans l’approbation d’un juge, de toute personne soupçonnée « d’agir contre la sécurité de l’Etat ». Depuis le 5 août 2019, sa fille, ltija, n’a cessé de combattre pour obtenir la remise en liberté de Mehbooba Mufti, dont elle tenait le compte Twitter.

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Agée de 61 ans, Mehbooba Mufti n’a rien perdu de sa combativité. Dès sa libération, elle a posté sur Twitter un message audio de plus d’une minute pour appeler à la mobilisation des Cachemiris et dire sa détermination à se battre. « Tout ce que Delhi a arraché, a t-elle assuré, par des moyens anticonstitutionnels et antidémocratiques doit être récupéré. Les habitants du Jammu-et-Cachemire, qui ont sacrifié des milliers de vies, doivent continuer à lutter pour qu’une solution soit trouvée dans la région (…). Personne ici n’oubliera l’humiliation du jour où l’article 370 de la Constitution a été abrogé. »

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