[ad_1]
A Duluth, ville minière du nord du Minnesota sur les rives du lac Supérieur, on observait le 18 septembre les militants pro-Biden et pro-Trump s’invectiver, en marge d’une réunion à huis clos du candidat démocrate à la présidentielle américaine. Des Blancs, d’origine ouvrière dans cette cité industrielle, au fond très semblables. La différence ? « Ils sont là car ils ne supportent pas qu’un Noir [Barack Obama] ait été un grand président des Etats-Unis pendant huit ans. La plupart d’entre eux sont racistes », accuse la démocrate Sandy Moe, 72 ans, retraitée syndiquée d’un laboratoire d’US Steel.
C’est sans doute excessif, mais le propos illustre bien le principal pilier du trumpisme, la guerre culturelle. Le président sortant prospère sur les conflits de société qui déchirent les Etats-Unis. Qu’il s’agisse des querelles sur l’avortement, les armes, le racisme, le mariage homosexuel, les immigrés clandestins, Donald Trump l’a emporté en 2016 en divisant.
Et le candidat républicain tente de récidiver en 2020 : en ne faisant pas la preuve de la moindre compassion après la mort fin mai de l’Afro-Américain George Floyd étouffé par un policier blanc ; en criant à la chienlit dans la foulée des manifestations parfois violentes qui ont affecté l’Amérique cet été et renvoyant ses adversaires à l’extrême gauche ; en proposant pour la Cour Suprême une juge ultraconservatrice, Amy Coney Barrett, susceptible de remettre en cause le droit à l’avortement ou la loi sur la santé « Obamacare ». Ces combats ne sont pas clos. Ils repartiront de plus belle si Trump est réélu, tandis que Joe Biden a promis de les apaiser.
« Made in China »
Mais il est un autre pilier du trumpisme, qui lui, est plus consensuel : le slogan « Make America Great Again ». Avec sa campagne de 2016, le candidat républicain tournait résolument le dos à trois décennies de mondialisation heureuse et marquait un retour de l’Amérique sur ses bases, dans un curieux mélange d’isolationnisme et d’unilatéralisme. C’est ce second pilier qui a permis à Donald Trump de recueillir en 2016 les voix de 66 millions d’électeurs américains, soit 46,1 % des suffrages.
Quatre ans plus tard, on constate que ce trumpisme a accompagné un mouvement profond que Joe Biden ne remettra pas en cause. Certes, l’ancien vice-président de Barack Obama est qualifié de « made in China » par son adversaire, pour avoir approuvé les traités de libre-échange des dernières décennies ainsi que l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC). En réalité, Joe Biden est aussi devenu plus protectionniste depuis l’élection de Donald Trump, comme en atteste son programme électoral destiné aux cols-bleus « Buy American and Make it in America » (achetez américain et fabriquez-le en Amérique). Sur ce point, Joe Biden et Donald Trump s’adressent tous deux dans des termes proches aux militants des deux camps qui s’invectivaient à Duluth.
Il vous reste 58.15% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
