[Faits Divers] Saint-Denis : 15 ans pour le prof violeur

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Le procès de l’enseignant violeur s’est poursuivi et terminé hier. Face aux faits, la cour d’appel l’a condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour viol sur une mineure de moins de 15 ans, qui plus est vulnérable.

Comme le président d’audience n’avait pas clos les débats, hier, lors du premier jour de procès, la mère de la victime a souhaité de nouveau prendre la parole ce matin, avant que les plaidoiries ne commencent. Des mots qui prouvent, une fois encore, la volonté de la famille à se battre. Elle a voulu appuyer sur un nouvel élément : la radio. Nous l’avons vu hier dans la salle, Claire (*) est toujours avec son casque sur les oreilles. “Elle aime beaucoup la musique”, précise sa mère. Thomas (*) se serait ainsi servi de cet élément comme prétexte pour isoler la jeune fille et la toucher. L’accusé explique, tout en restant stoïque, que la radio permettait d’aider Claire. Une fois le cours terminé, comme une récompense, il lui proposait de l’écouter dans la pièce accolée à la classe, seule avec lui.

 

Son avocat, Georges-André Hoarau, a voulu mettre en lumière des éléments de son enfance. Thomas aurait été le complice, à ses dépens, des infidélités de sa mère. Bien qu’il déclare que ça l’ait perturbé, il ne voit pas personnellement de lien avec ce qu’il a fait. Me Hoarau parle également d’une véritable misère sexuelle dont est victime son client. Son épouse l’aurait menacé de le quitter s’ils ne faisaient pas l’amour au moins deux fois par semaine.

 

Incarcéré depuis le 25 avril 2019, et suivi 2 fois par mois par un psychologue en détention, Thomas ne semble pas pour autant avoir pris le temps de la réflexion. A contrario, selon Me Anna Ferrère avocate de la défense, l’accusé aurait préparé tout un mécanisme en moins d’un an avant de passer à l’action.

 

L’IME était son terrain de chasse

 

Conscient des caractéristiques de l’autisme, Thomas a forcé le lien avec Claire, qui, par définition, n’aime pas les contacts physiques. Il n’a, à aucun moment, eu des mots de regret envers la victime, envers les parents “qui mènent un véritable parcours du combattant depuis” a déclaré Me Ferrère. L’avocate note que la famille de Thomas n’était pas présente au procès, bien qu’il déclare avoir eu des visites de leur part en détention. À la barre, l’accusé avoue même que son fils a dit que “les personnes qui touchent des enfants doivent aller en prison et ne pas vivre”. Mais ses pulsions étaient plus fortes. De l’autre côté de la salle, la famille de Claire est anéantie. 

 

“On lui donnerait le bon dieu sans confession, or derrière se cache un véritable tableau noir”, confesse l’avocate générale. Selon elle, Thomas a voulu exercer en institut spécialisé pour avoir plus de libertés, “c’était son terrain de chasse”. Les parents de Claire l’avaient mise en IME pour la protéger, “ils n’auraient jamais pu imaginer que le loup était dans la bergerie”, ajoute-t-elle. Malgré ses difficultés, Claire a pu exprimer sa tristesse. Elle avait déclaré “prison, fermé, dans la cage” pour l’homme qui lui avait “mis le zizi dans les poils”. 

 

“Si on le relâche, il recommencera, il n’a pas de freins, a souligné l’avocate générale. Il a toujours reconnu les faits reprochés, notamment car il ne pensait pas qu’une fellation pouvait être considérée comme du viol”.

 

L’avocate générale a requis 18 ans de réclusion criminelle. A sa sortie, l’agresseur devra avoir un suivi socio judiciaire pendant 10 ans. Il est également interdit d’exercer un emploi en contact avec des mineurs. 
Après délibéré, Thomas a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle. 5 années d’emprisonnement planent également au-dessus de sa tête en cas de non-respect du suivi post détention. La cour a aussi accordé 20 000€ de préjudice moral pour Claire ainsi que 10 000€ pour chacun des parents.

Charline Bakowski

 

(*) prénoms d’emprunt.

 

 

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