A Rome, un trésor archéologique caché dans une résidence de standing

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SURINTENDANCE SPECIALE DE ROME

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Publié aujourd’hui à 01h55

LETTRE DE ROME

C’est un musée que les promeneurs n’auront aucune chance de découvrir par hasard. Cachée à l’intérieur d’une résidence de standing flambant neuve, sise au pied de l’Aventin, à deux pas d’une station-service, la Domus Aventino n’arbore ni façade ni signe distinctif d’aucune sorte. Pire, tout semble avoir été fait pour ne pas attirer les regards. Une fois franchi le portail, c’est à peine plus clair : il faut passer par l’entrée du parking, et on pénètre enfin dans le saint des saints en poussant une lourde porte métallique située à côté d’un ascenseur, qui pourrait sembler donner sur un local technique.

Extérieurement, le site ne paie pas de mine, et d’ailleurs il n’a pas vocation à attirer les foules. Pourtant, c’est un vrai trésor qui a été exhumé ici par les archéologues, et que la Surintendance spéciale pour les biens archéologiques de Rome s’apprête à offrir au public romain, à partir de début novembre, deux vendredis par mois et uniquement sur rendez-vous. Cette entreprise unique en son genre a été présentée sur place à une poignée de journalistes, début octobre, malgré les contraintes de la situation sanitaire.

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A l’origine du projet, il y a une opération de promotion immobilière tout à fait ordinaire, sur un site occupé jusque-là par la Banca Nazionale del Lavoro, un établissement romain racheté en 2006 par BNP Paribas.

Souhaitant valoriser ce bien idéalement placé, à un jet de pierre de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le groupe français entreprend une opération de lotissement, visant à construire 180 logements neufs pour un total de 18 000 mètres carrés. En 2014, lors de travaux de consolidation antisismique du terrain, des traces archéologiques de première importance sont trouvées.

Un millénaire d’histoire

Difficile de s’étonner d’une telle découverte. Nous sommes au pied de l’Aventin, la plus méridionale des sept collines originelles de la Rome antique, si bien qu’il aurait été plus que surprenant de ne rien trouver sur place. Mais, par l’ampleur des structures exhumées (600 mètres carrés de superficie), et surtout par la durée d’occupation du site (les traces superposées s’étendent sur plus d’un millénaire), l’équipe dirigée, du côté de la Surintendance, par Roberto Narducci prend vite conscience qu’elle se trouve face à un témoignage archéologique de première importance.

Fouille et relève des différents niveaux de mosaïques, sur le site qui deviendra la Domus Aventino à Rome, en août 2016..

La découverte des vestiges de ce domaine patricien, bientôt baptisé, sans trop d’originalité, « Domus Aventino », aurait pu donner lieu à l’une de ces interminables querelles de chapelle dont se repaît la presse locale : d’un côté le promoteur immobilier, âpre au gain et sûr de son bon droit, qui dénonce le énième exemple d’un chantier bloqué par l’administration pour des motifs fallacieux, de l’autre une Surintendance hautaine et pointilleuse, prétendant bloquer le chantier aussi longtemps qu’il le faut pour répertorier et sauvegarder le moindre tesson d’amphore. Les acteurs étaient déjà en place, la pièce semblait déjà écrite.

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