l’ombre de Donald Trump sur la confirmation de la juge Amy Coney Barrett

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Une ombre a pesé sur l’audition de la juge Amy Coney Barrett par la commission des affaires judiciaires du Sénat, mardi 13 octobre. Pour la première des deux journées consacrées aux questions des élus, le nom du président Donald Trump est revenu avec insistance. Il a forcé la juge conservatrice a tenté de prendre ses distances avec celui qui l’a nommée le 26 septembre.

Trois jours plus tôt, le 23 septembre, le locataire du Bureau ovale avait justifié sa décision de nommer une juge aussi près de l’élection présidentielle pour remplacer l’icône féministe Ruth Bader Ginsburg par sa conviction que le scrutin, « truqué » selon lui par les démocrates, s’achèverait par des contentieux devant les tribunaux. « Je pense que cela se terminera devant la Cour suprême », avait-il dit, comme lors de l’élection controversée de 2000 qui avait opposé le républicain George W. Bush au démocrate Al Gore.

« Je pense qu’avoir une situation 4-4 [un partage des huit juges actuels en poste en deux blocs qui se neutraliseraient] n’est pas une bonne situation (…) mais juste au cas où cela devrait être plus politique qu’il ne devrait l’être, je pense qu’il est très important d’avoir une neuvième juge », avait-il assuré, laissant entendre que le président de la Cour suprême, John Roberts, pourtant nommé par un président républicain, pourrait rallier les trois derniers juges nommés par des démocrates.

Rappelant que le président l’avait choisie en espérant manifestement qu’elle tranche en sa faveur dans le cas d’un tel contentieux, les sénateurs démocrates ont invité Amy Coney Barrett à annoncer à l’avance qu’elle se récuserait en pareilles circonstances. « J’espère certainement que tous les membres de ce comité auront confiance dans mon intégrité au lieu de penser que je me laisserais utiliser comme un pion pour décider de cette élection pour le peuple américain », a rétorqué la juge en refusant de prendre un tel engagement.

La même ombre présidentielle a pesé sur les questions concernant la réforme de santé léguée par Barack Obama ou bien l’arrêt Roe v. Wade – qui a sanctuarisé le droit à l’avortement en 1973. Dans les deux cas, Donald Trump a assuré publiquement qu’il attendait de la Cour suprême façonnée par ses nominations successives qu’elle les supprime. A chaque fois, la juge a argué de son indépendance.

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