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Les élus démocrates ont soigneusement évité le sujet. Après deux jours d’audition devant la commission des affaires judiciaires du Sénat, lundi 12 et mardi 13 octobre, Amy Coney Barrett, la candidate proposée par Donald Trump à la Cour suprême, n’a pas été interpellée sur l’influence qu’aurait sa foi catholique revendiquée sur ses décisions futures. Une discrétion orchestrée pour faire taire les accusations d’anti-catholicisme lancées avant même le début de la procédure par Donald Trump et des élus républicains.
La stratégie a été validée par le candidat démocrate à l’élection présidentielle Joe Biden, lui-même fervent catholique. « Sa foi ne doit pas être prise en compte. Personne ne doit être questionné sur sa foi », a-t-il affirmé lundi.
C’est donc un sénateur républicain, Lindsey Graham, qui a dû aborder le sujet. « Pouvez-vous mettre vos convictions religieuses de côté ? », a-t-il demandé à Mme Coney Barrett. « Oui je le fais en tant que juge », a-t-elle simplement répondu.
Les démocrates ont concentré leurs interrogations sur la loyauté supposée de la juriste envers M. Trump et questionné ses positions sur l’assurance-santé ou sur le droit à l’avortement, deux sujets dont la suppression est à l’agenda du président républicain. Sur ces thèmes, comme sur tous ceux qui ont été abordés, y compris sa position en cas de litige sur les résultats de l’élection présidentielle, Mme Coney Barrett s’est défendue d’être « un pion » aux mains du président.
Réponses prudentes, voire évasives
Sur le fond, elle s’est montrée moins catégorique que dans ses écrits passés, apportant des réponses prudentes, voire évasives. « Je ne suis pas là pour détruire l’assurance-santé », a-t-elle déclaré. Sur l’avortement, elle a admis que la décision de 1973 garantissant le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’était pas à l’abri d’une annulation. « Cela ne signifie pas qu’il doive être révoqué ».
Si elle est confirmée par le Sénat, l’arrivée d’Amy Coney Barrett à la Cour suprême des Etats-Unis accentuera les déséquilibres de la plus haute institution juridique du pays. Pas seulement sur le plan politique, où elle rejoindrait cinq de ses collègues conservateurs sur neuf, mais aussi en matière de représentation religieuse. Dans un pays qui compte 20 % de catholiques, deux tiers des juges seraient alors de cette confession, aux côtés de deux juifs et d’un protestant épiscopalien ; les protestants composent 43 % de la population.
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