Pour les ultraroyalistes thaïlandais, c’est la monarchie ou le chaos

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Le roi de Thaïlande Maha Vajiralongkorn, lors du cortège du couronnement, à Bangkok,  le 5 mai 2019.

« La monarchie est la clé de voûte de notre système : supprimez-la et c’est la guerre civile ! », Warong Dechgitvigrom, 59 ans, gynécologue en retraite et ancien député, ne ressemble pas à la caricature de ces « ultras » qui, en cette période de fronde étudiante contre le gouvernement, incarnent le jusqu’au-boutisme de certains farouches partisans du roi Vajiralongkorn de Thaïlande. Tel l’ex-chef de l’armée, le général Apirat Kongsompong, qui a récemment qualifié les prises de positions des adversaires de l’oligarchie militaro-royaliste de « maladies plus difficiles à soigner que le Covid-19 »…

M. Warong, fondateur du tout nouveau groupe de défense de la monarchie « Thai Pakdee » (les « Thaïlandais loyaux »), est cependant de ceux qui pensent que le souverain de Thaïlande doit rester une personnalité intouchable. Et que l’antique institution incarnée par ce dernier est le garant du meilleur des mondes possibles dans l’ex-royaume de Siam.

« Discours ambigu »

« Nous sommes un pays où règne la corruption, notamment chez les politiciens : il nous faut une instance, située au plus haut sommet, qui permette de contrebalancer ces dérives, et cette instance c’est la monarchie », explique M. Warong dans le salon de son grand appartement d’un quartier résidentiel de Bangkok. S’il considère que son pays ne doit pas renoncer aux acquis de l’influence occidentale, il y a un mot qu’il ne peut souffrir d’entendre : celui de « république », système que certains appellent ici de leurs vœux comme l’a prouvé le succès du hashtag #RepublicofThailand, partagé 740 000 fois en une demi-journée fin septembre après que sénateurs et députés conservateurs ont refusé de voter au parlement en faveur d’un projet d’amendement constitutionnel.

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Pour le président fondateur de « Thai Pakdee », il y a désormais péril en la demeure : alors que les manifestations se sont multipliées ces derniers mois autour du palais royal de Bangkok, les étudiants ont osé demander que le roi renonce à certains de ses pouvoirs et se cantonne dans son rôle théorique de monarque constitutionnel.

Lors d’un rassemblement pour appeler à la démission du gouvernement et à des réformes de la monarchie, à Bangkok, le 19 septembre.

Mais si ces derniers affirment souhaiter la survie de l’institution, tout en désirant qu’elle se démocratise, Warong n’y croit pas : « Ils tiennent un discours ambigu : si on l’interprète, il est clair qu’ils sont en faveur d’un système républicain. » Il insiste ainsi sur la nécessité de « faire obstacle aux Chung Chart » − ceux qui « haïssent la nation » et, par extension, le roi. Ce serait le cas, selon lui, de l’une des personnalités les plus populaires de l’opposition, le quadragénaire Thanathorn Juangroongruangkit, dont le Parti du nouvel avenir est arrivé en troisième position aux législatives de mars 2019. « Thanatorn est lui aussi un républicain », accuse Warong.

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