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Dans la politique outre-Atlantique, un bon candidat doit maîtriser l’art du conte, la faculté de se raconter en quelques histoires savamment choisies pour séduire les électeurs. Bref, ce que l’on appelle en version originale le storytelling. L’ancien vice-président Joe Biden, qui brigue la Maison Blanche, expliquait ainsi à CNN les raisons pour lesquelles il sillonnait le pays en train :
« Je regarde par la fenêtre et je vois les lumières allumées alors je me demande ce qu’il se passe en ce moment autour de la table à manger ? A quoi les gens pensent-ils ? Quels sont leurs vrais soucis ? »
Une manière de mettre en avant ses racines ouvrières, sa proximité avec les gens et ainsi de s’attirer les voix nécessaires pour s’installer dans le bureau Ovale, en janvier.
Ce schéma, aussi classique que connu, connaît plusieurs bouleversements avec l’arrivée sur le devant de la scène de Donald Trump. Violence verbale, désinformation ou encore injures… L’attaque frontale s’est imposée comme arme de communication.
Et dans un pays pourtant connu pour son moralisme, il semblerait qu’il dispose d’un laissez-passer, là où le moindre faux pas de ses rivaux s’accompagne d’une levée de boucliers. « On accepte plus facilement l’outrance de quelqu’un perçu comme totalement différent, que le petit écart de celui qui nous ressemble », résume Marlène Dulaurans, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Bordeaux-Montaigne.
Pourquoi le « storytelling » marche-t-il aussi bien dans la communication politique aux Etats-Unis ?
Marlène Dulaurans : Aux Etats-Unis, on cultive très tôt l’art de la rhétorique, dès l’école. Raconter des histoires est un exercice auquel sont confrontés les Américains depuis leur plus tendre jeunesse. Ce qui explique que les codes narratifs font partie intégrante de leur culture et ils sont poussés à l’extrême dans la politique américaine.
L’arrivée des nouvelles technologies a permis de renouveler ce récit politique : elles ont offert une opportunité aux candidats et aux élus de se mettre en scène, de se raconter différemment, de sortir un petit peu du protocole très classique auquel nous étions habitués jusqu’alors.
Comment Donald Trump a-t-il bouleversé les codes de la communication politique outre-Atlantique ?
Il convient de remettre les choses en perspective : c’est Barack Obama qui a été le premier dirigeant mondial à ouvrir un compte Twitter, à avoir le plus grand nombre de followers, à mettre en place la signature « BO » pour ses messages personnels ou encore à initier les conférences virtuelles autour du hashtag « ask Obama »… Finalement, à mobiliser grâce aux outils technologiques.
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