« Derrière la mutualisation de la dette, c’est une redistribution de l’épargne européenne qui est en jeu ! »

0
59

[ad_1]

Tribune. Le monde cumule aujourd’hui un stock de quelque 300 000 milliards de dettes publiques et privées. La crise du Covid-19 est en train de propulser ce chiffre vers le haut. Le produit intérieur brut (PIB) mondial est de près de 100 000 milliards de dollars. La crise du Covid-19 est en train d’envoyer ce chiffre vers le bas. Mais, paraît-il, cet effet de ciseau ne serait pas si inquiétant…

Nombre d’économistes minimisent, en particulier, la question de la dette publique (équivalente à 105 % du PIB mondial en 2020) en expliquant que les Etats ont le privilège de « rouler » leur dette, c’est-à-dire que, après avoir payé leurs intérêts (proches aujourd’hui de zéro), ils peuvent rembourser le capital à échéance… par un nouvel emprunt de valeur identique. Si, dans l’intervalle, le PIB augmente, le poids relatif de la dette est censé devenir de moins en moins important. Comme, par ailleurs, l’épargne (à la source de l’investissement) croît aussi avec le PIB, le rapport dette/épargne devrait lui aussi diminuer de plus en plus.

Une épargne réelle négative

Sauf qu’une vérité s’impose aussi bien aux Etats qu’aux particuliers. A savoir qu’épargner signifie dépenser moins que produire, et s’endetter implique au contraire de dépenser plus que ce qu’on a produit. Si, comme en France actuellement, le taux d’accroissement de l’endettement devient supérieur au rythme d’augmentation du PIB, cela ne peut alors signifier qu’une seule chose : nous sommes en train de consommer notre patrimoine, c’est-à-dire l’épargne accumulée durant les périodes précédentes. En d’autres termes, nous réduisons notre stock de capital, et donc les capacités de croissance future.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le débat Joseph Stiglitz-Thomas Piketty : Etats-Unis, moments de vérité

On aimerait pouvoir répondre que si les nouveaux emprunts sont destinés (comme cela est affirmé) à nourrir l’investissement et non pas la consommation, on éviterait ce problème. Mais l’argument manque sa cible. Car que veut dire investir, sinon financer durant la période concernée les dépenses de consommation de ceux qui fabriquent le capital ? Toute dépense, qu’elle soit publique ou privée, se traduit nécessairement durant la période concernée par un accroissement de la consommation.

Ce constat d’une épargne réelle négative qui affecte aujourd’hui nombre de pays permet de tordre le cou à une légende couramment développée, à savoir que si les taux d’intérêt sont bas, c’est qu’il existerait justement une surabondance d’épargne par rapport aux demandes d’investissement. C’est d’abord méconnaître la réalité de la politique monétaire contemporaine, à savoir que ce sont les banques centrales qui fixent les taux d’intérêt. Leur niveau faible ne traduit pas un trop-plein d’épargne, mais correspond aux besoins des Etats désireux de financer leurs déficits par l’endettement.

Il vous reste 58.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: