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Ci-dessous, les premières lignes de l’édito de Jacques Tillier qui sera à retrouver dans votre JIR de ce samedi 10 octobre :
Avant de justifier le croquis de Thierry Robert, ce pantin désarticulé de la tête aux pieds, surtout la tête, qui vient tout juste de se prendre dans la musette 4 mois de taule avec sursis, vous me permettrez quelques lignes d’entame sur la famine qui sévit dans le sud malgache. Vous avez été particulièrement nombreux mardi dernier à vous émouvoir lorsque le JIR a révélé ce drame, appuyé par d’insoutenables photos d’enfants mourants, d’hommes et de femmes squelettiques, déguenillés dans la poussière, mendiant un grain de riz, un gobelet, errant sur une terre poussiéreuse qui n’a plus vu une goutte d’eau tomber depuis des lustres. Une terre sèche comme un coup de trique sur laquelle plus rien ne pousse.
Du temps, tout le temps de la colonisation française, la famine sévissait aussi, des enfants, des vieux crevaient de faim, tout aussi nombreux qu’aujourd’hui, par dizaines, par centaines peut-être. Sauf que c’était il y a bien longtemps. Cela n’a pas cessé…C’est hélas comme avant. Tous les ans ou presque ce drame perdure, accéléré sans doute par la déforestation, le changement climatique, le réseau routier défoncé quasiment dans le même état qu’il était en 1947. C’est insupportable.
Ça l’est d’autant plus que depuis le temps que des enfants crèvent ainsi de faim, les gouvernements malgaches successifs, les ministres, les chefs de cet État, corrompus jusqu’à l’os, se contentent de survoler la zone puis de balancer quelques palettes de riz et de flotte dont une grande partie sera immédiatement détournée et revendue à Tana ou ailleurs. C’est insupportable. Sur place beaucoup de gens se battent, le père Pedro bien évidemment, mais pas seulement. Il se passe la même chose à La Réunion, la Région se mobilise, des fondations, des associations Tambatra Gasy par exemple, les catholiques malgaches, les curés le font aussi. Le cœur sur la main, les larmes dans les yeux, des gens se bougent, se tiennent prêts à donner, à se mobiliser. Air Austral met à la disposition l’un de ses avions à celles et ceux qui voudront lui remplir les cales de flotte de boustifaille adaptée… Tout cela est réconfortant…
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