Le vice-président chinois au centre de rumeurs

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Wang Qishan le 2 septembre 2015 à Pékin.

Le vice-président chinois Wang Qishan, compagnon de route de Xi Jinping depuis un demi-siècle, est-il en difficulté ? Alors que la Chine a repris le travail ce vendredi 9 octobre après une semaine de congés, le sort de cet homme de 72 ans alimente de nombreuses rumeurs. Celui qui fut de 2012 à 2017 le très redouté secrétaire de la Commission centrale d’inspection disciplinaire du Parti communiste – le Monsieur anticorruption de Xi Jinping – vient, en effet, de voir tomber deux de ses proches. Or, en Chine, qui veut s’en prendre à un dirigeant commence généralement par s’attaquer à son entourage.

La chute la plus spectaculaire est celle de Ren Zhiqiang, dit « Ren le canon » en raison de ses attaques virulentes contre Xi Jinping. Fils d’un ancien vice-ministre du commerce, Ren Zhiqiang, qui a fait fortune dans l’immobilier, semblait quasiment intouchable. En 2016, il n’avait été que « suspendu » du Parti pour un an pour des propos déjà peu orthodoxes. Mais, arrêté en mars, après avoir sévèrement critiqué la gestion du Covid-19 par Xi Jinping, Ren Zhiqiang a, cette fois, été condamné le 22 septembre à 18 ans de prison, officiellement pour corruption. En raison des liens très forts qui existent depuis des décennies entre la famille Ren et la famille Wang, cette sanction extrêmement lourde avait été perçue comme un avertissement à l’ensemble des « Princes rouges » – nul n’est intouchable – mais aussi la marque que Wang Qishan n’avait pu ou voulu le défendre.

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Or le 2 octobre, durant les vacances, on apprenait que c’était au tour de Dong Hong, un des principaux collaborateurs de Wang Qishan depuis 1998, d’être placé sous surveillance pour « sérieuses violations de discipline ». Agé de 66 ans, Dong Hong avait rang de vice-ministre. Il avait secondé Wang Qishan lors de plusieurs inspections, tant dans des provinces qu’au sein d’entreprises publiques. Il ne s’est sans doute pas fait que des amis. « Son arrestation n’augure rien de bon pour Wang Qishan, dans la mesure où la mise en examen des mishu [assistants] et des amis proches signale, dans la majorité des cas, la chute imminente du chef », note l’universitaire canadien Alex Payette, fondateur de Cercius, un groupe de recherches spécialisé dans l’observation de la Chine.

Etroite complicité

En raison de son âge, Wang Qishan n’est plus, depuis 2017, l’un des sept membres permanents du Bureau politique du Parti communiste, le cœur du pouvoir en Chine. Mais, depuis qu’à l’âge de 20 ans, il a aidé le jeune Xi Jinping, de cinq ans son cadet, envoyé dans les mêmes terres lointaines du Shaanxi durant la Révolution culturelle, les deux hommes ne se sont jamais perdus de vue et sont liés par une étroite complicité.

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