[Société] Les soirées (moins) folles de clubs libertins et échangistes

0
51

[ad_1]

SOIRÉES. Cela fait maintenant plus de sept mois que les boîtes de nuit ont dû fermer rideau. Les oiseaux de nuit ne sont pas devenus plus sages pour autant… Clubs libertins et échangistes peuvent toujours fonctionner, à régime réduit.

À l’heure où le chef de l’état parle de “plus de restrictions”, le monde de la nuit à La Réunion retient son souffle. Menace de fermeture des bars et des restaurants, autorisations d’ouverture malgré les mesures sanitaires, gestes-barrières, contrôles : les gérants d’établissements s’y perdent tous. Certains patrons de boîtes de nuit pointent du doigt une certaine injustice : pourquoi les établissements échangistes, libertins, saunas ont-ils l’autorisation de fonctionner alors qu’eux-mêmes sont contraints au silence ? Les concernés répliquent que les boîtes de nuit ont reçu des aides qu’eux-mêmes ne peuvent pas toucher à cause de leur statut. Point commun dans l’histoire, tous s’estiment au bord de la faillite et ont dû s’adapter en coupant dans les effectifs.

“Même nus, les gens doivent porter le masque !”

Les saunas, clubs libertins et échangistes ont pu lever le rideau dès la sortie du confinement. Au même titre que les bars et salles de sport, ces endroits ne sont pas soumis à la même licence que les boîtes de nuit (voir encadré). Tous les clubs doivent par contre respecter les protocoles sanitaires. “Côté hygiène on est vraiment à cheval, je désinfecte plusieurs fois par jour avec la machine à vapeur sous pression. C’est contraignant mais je parle aussi pour moi, j’ai la trouille. En protégeant les autres on se protège nous-même”, explique Daniel, gérant de “l’Ambigu” à la Souris-chaude dans l’Ouest. “On s’adapte comme le règlement le dit, pas plus de 30 personnes. On a aussi changé notre mode de fonctionnement et adapté nos horaires pour fermer à minuit et demi. On avait déjà le gel hydro-alcoolique avant le covid et on a triplé les postes. Mêmes règles pour le bar qui est fermé, comme les coins câlins. Les gens viennent plus pour le sauna, la piscine et le jardin naturiste. Même nus les gens doivent porter le masque ! On ne veut pas mettre notre staff non plus en danger”, relate Steeve Grondin, gérant du club libertin “La maison des Filaos” à Saint-Pierre.

“On souffre au même titre que toutes les entreprises”

Au moment du déconfinement, aucun arrêté préfectoral ne fixait une heure de fermeture. Certains acteurs du monde de la nuit y ont vu une certaine injustice car les clubs libertins et bars de nuit ont joué les prolongations avant d’être contraints à fermer à minuit et demi. Malgré la polémique, ces patrons ont depuis vu chuter leur clientèle un peu plus chaque jour. Jean-Charles Manier est le gérant du bar à strip-tease “L’Overside” dans le chef-lieu depuis 2004. “On souffre au même titre que toutes les entreprises. On a réajusté les horaires mais sans grand résultat car on doit fermer au moment où les gens commencent à arriver d’habitude. Nous avons réduit les sièges et les gens dans les salons privés mais c’est pas évident… C’est difficile de mettre en place les distances de sécurité, il faut tout le temps faire la police et remettre à l’ordre. Il faut voir les clients qui se laissent aller, anticiper le danger constamment. On est obligés de refuser du monde, les esprits s’échauffent il y a de la tension et de la frustration. En 17 ans, ça ne m’est jamais arrivé de prendre des agents de sécurité mais j’ai dû m’y mettre. Tous les centres d’amusement sont fermés, les gens voient de la lumière ils rentrent !”, explique le patron.

Tous essaient de garder la tête hors de l’eau sans grande visibilité et surtout, ils s’accordent sur la tristesse ambiante. “On a une clientèle d’habitués, qui sont devenus des amis. Mais par exemple samedi soir j’avais du monde qui ne voulait pas partir, j’ai dit que j’allais appeler les gendarmes, c’est triste… On sait pas comment ça va évoluer et où on va, on est au bord du gouffre !”, déplore Daniel de “L’ambigu”.

De son côté, Steeve Grondin de “La Maison des filaos” a préféré fermer certaines parties de son établissement. “C’est vrai qu’avec cette crise les gens ont peur de sortir, ce n’est pas du tout le même nombre de clients qui vient et même nous au niveau du staff, on est beaucoup moins nombreux. On a dû fermer le bar, la piste de danse, au final on tient grâce à nos installations sauna et piscine”, explique le gérant.

D’autres, comme Jean-Charles Manier de “L’Overside”, sont révoltés. “De quel droit on peut fermer un commerce ! Il n’y a plus d’argent qui rentre, les employés ont un chômage partiel mais avec toutes les charges et l’administratif ce n’est plus possible. Les boîtes de nuit ont eu un accord qui varie jusqu’à 15000 euros par mois, pas nous ! En tous cas, je ne fermerai pas mon rideau sans un accord pour une prise en charge des loyers”, s’insurge le patron du bar de strip-tease.

Depuis le 10 septembre en effet, les établissements du monde de la nuit bénéficient de dérogations de prise en charge des frais fixes. Les loyers, factures d’eau et d’électricité et autres frais seront pris en charge à hauteur de 15 000 euros par mois maximum, pendant trois mois. “On est sous perfusions, mais on n’a aucune visibilité sur les réouvertures. On nous avait dit septembre, puis décembre et maintenant on nous parle du mois de mai…” déplore Olivier Blondet, gérant de la boîte de nuit “Le Honey” à Saint-Denis. Pour l’heure, il n’est pas question de fermeture des bars et des clubs échangistes, mais un passage en alerte maximale pourrait changer la donne… encore une fois.

 

LAURENCE GILIBERT

[email protected]

 

—————————

 

Soirées clandestines, le retour de la prohibition

Maisons, lieux privatisés, parkings ou même au sein d’établissements de nuit, de plus en plus de soirées “clandestines” se déroulent à l’abri des regards. Quand des clusters sont détectés, les médias se font l’écho de ces “fêtes qui dégénèrent”, comme cette soirée d’étudiants qui s’est tenue dans un appartement de 60m2 rassemblant 150 personnes à Saint-Étienne dans la Loire. Car comme à l’heure de la prohibition, ces soirées se multiplient à l’instar des bars clandestins speakeasy. Sur notre île, rien n’échappe à l’oeil aiguisé des réseaux sociaux. Certains reconnaissent avoir tenu des “soirées privées”, comme le bar-restaurant évènementiel “le Jek’s” à Saint-Gilles.

“On a fait des soirées privées limitées aux élèves qui font partie des membres de l’association des clubs de salsa cubaine, batchata et kizumba. On était à 20 personnes maximum, on a arrêté tous les cours. Tout se fait en nombre restreint et sur invitation nominative exclusivement”, explique le gérant Pierrot Pavares. Calie, elle est gérante de la société “Reunion’s best Night”, montée juste après le déconfinement. Elle propose des prestations d’hôtesses en lingerie ou topless pour les enterrements de vie de garçon et comités d’entreprises.”Ce sont des soirées privées, les gens ne sont pas plus de 10 et nous suivons la réglementation. Les gens sont chez eux, ils font ce qu’ils veulent…”, explique la chef d’entreprise.

L.Gi

 

——

Pourquoi certains établissements peuvent ouvrir et d’autres non?

Tout est en fait une affaire de licence. Les clubs libertins ou échangistes peuvent être classés par le code du tourisme dans la même catégorie que les bars (la catégorie N) ou dans la même catégorie que les salles de sport et les piscines (la catégorie X). Des mesures d’hygiène sanitaires sont en revanche imposées.

Les discothèques sont quant à elles classées dans la catégorie “salle de danse et salle de jeux” (la catégorie P). Dans ce contexte de crise sanitaire, les établissements de type P ne peuvent pas encore rouvrir leurs portes au public parce qu’il y semblerait difficile de garder les distances sociales et physiques. En revanche, les clubs libertins proposant sauna et/ou hammam ont pu rouvrir en juin dernier en même temps que les salles de sports, les piscines publiques ou encore les spas.

L.Gi

[ad_2]

Source link

clicanoo

Have something to say? Leave a comment: