L’Europe veut resserrer son étau autour de la City

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Vue de la City, le quartier d’affaires londonien, le 7 octobre.

Le grand exode n’a pas eu lieu. Quatre ans et demi après le référendum du 23 juin 2016 en faveur du Brexit, le nombre de banquiers ayant quitté la City pour s’installer dans l’Union européenne (UE) est imperceptible au quotidien, mais bien réel.

Publié jeudi 1er octobre, le dernier baromètre de EY, une entreprise d’audit qui suit les décisions de 240 institutions financières, indique que 7 500 emplois ont été délocalisés vers l’UE depuis 2016, dont 400 de plus en 2020. A cela s’ajoutent 2 800 embauches réalisées dans l’Union au lieu de se faire au Royaume-Uni. Soit une dizaine de milliers d’emplois perdus directement à cause du Brexit dans le secteur financier britannique.

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« Ce baromètre est une sous-estimation puisqu’il ne suit qu’un échantillon limité d’entreprises », nuance William Wright, directeur de New Financial, un cercle de réflexion spécialisé en finance. Lui-même a effectué un décompte en 2019 de toutes les sociétés ayant pris des mesures à la suite du Brexit (délocalisations, ouverture de nouvelles succursales, transfert d’actifs…). Il en a dénombré 330, soit un tiers de plus que l’échantillon d’EY.

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Rien qu’en France, 43 nouvelles licences ont été accordées à des entreprises financières pour assurer la continuité des services après le Brexit. Il faut y ajouter 31 demandes de licence en cours d’examen, a annoncé, mercredi 7 octobre, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France.

L’attentisme règne

Ce mouvement n’est qu’un début, estime M. Wright. « Déplacer un emploi de Londres à Paris ou Dublin coûte cher et est difficile. Les entreprises veulent donc faire le strict minimum. Pour elles, il serait dommage de délocaliser pour s’apercevoir finalement que ce n’était pas nécessaire, par exemple si Londres et Bruxelles trouvaient un accord. »

Or, les négociations sur les futures relations bilatérales n’ont toujours pas abouti. Pour l’heure, l’attentisme règne. Quoi qu’il advienne, à partir du 1er janvier 2021, les Britanniques vont perdre leur « passeport », et leurs produits financiers ne pourront plus être automatiquement vendus dans l’UE. Néanmoins, ils espèrent obtenir certaines « équivalences » réglementaires. Pour la City, ce système est loin d’être idéal : l’Union les accorde unilatéralement, dans 39 domaines différents, et peut les retirer du jour au lendemain. Il s’agirait cependant d’un moindre mal.

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Jusqu’à présent, l’Union se montre intraitable. La Commission européenne n’a accordé qu’une seule équivalence au Royaume-Uni, le 21 septembre, sur un morceau de plomberie financière technique, mais important : les chambres de compensation. Au moment de la vente d’un produit financier, ces structures sont chargées d’assurer que la transaction est effectivement réalisée. Elles vérifient notamment que l’acheteur possède l’argent nécessaire et que le vendeur est bien le propriétaire du produit qu’il cède. A l’heure actuelle, les chambres de compensation britanniques dominent très largement le marché. LCH Limited, qui appartient à la Bourse de Londres, traite 90 % des produits dérivés de taux d’intérêt libellés en euros.

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