Le plaidoyer de Sandro Gozi pour une Europe transnationale

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« La Cible », de Sandro Gozi, éditions Saint-Simon, 112 pages.

Livre. Le parcours de Sandro Gozi est impressionnant. Secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes en Italie, de 2014 à 2018, auprès de Matteo Renzi et de Paolo Gentiloni, puis éphémère chargé de mission en France dans le cabinet du premier ministre Edouard Philippe, il est aujourd’hui député européen. Mais son élection s’est faite en deux temps. Elu en vingt et unième position sur la liste de La République en Marche, il fait partie des élus « congelés », qu’il a lui-même surnommés « Picard » – du nom de l’enseigne commerciale de surgelés –, et dont l’entrée au Parlement de Strasbourg était conditionnée au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. C’est désormais chose faite.

Sandro Gozi porte en lui un mantra : « Il est tout simplement impossible d’avoir une démocratie européenne sans une vraie politique transnationale »

Dans la vie, ce « Rital », amoureux de la culture française, a deux passions : l’Europe et Emmanuel Macron. Sa seconde passion est directement liée à la première, puisque c’est la manière dont le chef d’Etat français entend « réveiller l’Europe puissance » qui est au cœur de son adhésion au projet macronien. Sandro Gozi porte en effet en lui un mantra : « Il est tout simplement impossible d’avoir une démocratie européenne sans une vraie politique transnationale ». Mais à quel prix ?

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L’auteur nous explique que son « récit n’est pas celui d’une victime ». Il l’a pourtant intitulé  La Cible. Et la cible, c’est lui. En effet, il a tour à tour été harcelé par les nationalistes italiens, proches de Matteo Salvini, par des médias, par des « Français hypocrites », etc. Ces attaques sont réelles, et à l’heure des réseaux sociaux dominants, elles meurtrissent. Mais la ressemblance entre Sandro Gozi et Calimero, le célèbre petit poussin noir au chapeau en coquille d’œuf qui répète à l’envi que « c’est vraiment trop injuste », est pour le moins troublante.

« Marathon à contre-courant »

En fait, Sandro Gozi est mû par l’impatience de ceux qui pensent avoir toujours raison mais peinent à convaincre leur auditoire. Et force est de constater qu’il a souvent raison. Contre Donald Tusk, l’ancien président du Conseil européen (2017-2019) qui a laissé s’enliser le Brexit ; contre la chancelière allemande Angela Merkel, contrainte et forcée de sortir de l’immobilisme face à l’épidémie de Covid-19 qui menaçait l’économie allemande. « Etre européen aujourd’hui, c’est comme faire un marathon à contre-courant », lâche-t-il.

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