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Logement. Au Chaudron, la tension monte entre certains habitants et le SIDR. Entre demandes de transfert de bail et avis d’expulsion, le parti Coire et Oser dénonce les violences administratives de la SIDR.
La situation semble sidérante. A Saint-Denis, quartier du Chaudron, rue Ozoux, îlot n°6, “c’est le mort qui paye le loyer !” à la SIDR. Une quinzaine d’habitants du quartier de leur enfance ont décidé de monter un collectif pour dénoncer les méthodes de leur bailleur social. Comme souvent, les causes de mécontentement sont nombreuses. Entre les réfections jamais réalisées, les mises aux normes de sécurité toujours repoussées aux calendes grecques, les habitants ont pris leur parti. Mais depuis que deux locataires ont reçu des avis d’expulsion, l’exaspération a laissé place à une vive tension.
Hier, les habitants rassemblés sous une extension en tôle ont exposé l’affaire. Marie (prénom d’emprunt) a toujours vécu dans la même case depuis 52 ans. Celle de son père, mort il y a quatre ans. Au lendemain du décès, Marie réclame au bailleur social le transfert du bail à son nom. Faute d’être entendue, elle continue néanmoins à payer les loyers de ce T5 où résident quatre personnes, au nom de son père, ancien salarié de la SIDR. Elle est fiscalement rattachée à ce lieu.
En 2019, un huissier débarque et lui adresse un premier “avis d’expulsion immédiat”, puis un second avec recours aux forces de l’ordre. Marie prend un avocat et interjette appel. “On dit que je squatte, que je n’existe pas dans ce logement, on dit que je vis seule, dit-elle avec une colère difficile à contenir. Je vis ici depuis mai 1968 mais eux disent que leurs archives ont brûlé à la suite des événements du Chaudron en 1991…”. Dans le même quartier, Christian, un autre fils de résident âgé de 62 ans, déjà fragilisé par le décès de ses deux parents, a lui aussi reçu la même “sommation de déguerpir”. L’homme vivant seul, et donc sans recours, a décidé de mettre fin à ses jours.
Soutenus par le parti Croire et Oser, et notamment par Frédéric Maillot et Laurence Gourville, habitant du quartier, les locataires vénères ont décidé de former un collectif et réclament la création d’une commission de conciliation pour éviter que “ces violences administratives” ne tournent au drame.
“Etonnamment, a surligné Vanessa Payet, candidate Croire et Oser aux dernières municipales, ce sont tous ceux qui ont une case à terre qui sont ainsi visés. Pourquoi ne pas simplement leur transférer le bail ? Ou pourquoi ne pas leur faciliter l’accès à la propriété ? Il y a des histoires de familles ici !”. La loi encadre pourtant ce type de situation.
Au décès du locataire, le bail peut être transféré au partenaire de Pacs, au concubin, à l’ascendant, à la personne à charge (exemples : personne en situation de handicap ou personne de plus de 65 ans), à un descendant à la condition de pouvoir établir que celui-ci vivait dans le logement depuis au moins un an à la date du décès. Dans le cas du descendant, celui-ci doit aussi faire état de ressources ne dépassant pas le plafond exigé pour l’attribution d’un logement social. S’il le logement est conventionné, il ne doit pas devenir sous-occupé. S’il s’agit d’un logement non conventionné, et qu’il devient sous-occupé, le bailleur peut proposer un autre logement, plus petit.
Frédéric Maillot a rappelé que Croire et Oser avait fait part de ses craintes quant à une dégradation des relations entre locataires et bailleurs dès 2017, à la suite du rachat des parts de l’Etat dans la SIDR par la Société Nationale Immobilière. Un rappel tendant à démontrer la pertinence des analyses du jeune parti qui espère conquérir deux sièges dionysiens au Conseil départemental, en 2021.
Y.G
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