Les « Beatles », deux djihadistes de l’EI, vont être transférés aux Etats-Unis pour y être jugés

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John Demers, responsable des questions de sécurité nationale au sein du ministère de la justice américaine, lors d’une conférence de presse, mercredi 7 octobre.

Ils étaient surnommés les « Beatles » par leurs otages, en raison de leur accent anglais. Deux djihadistes de l’organisation Etat islamique doivent être transférés mercredi 7 octobre aux Etats-Unis, où ils seront jugés pour la prise d’otage et le meurtre de plusieurs journalistes et humanitaires étrangers.

Capturés en janvier 2018 par les forces kurdes en Syrie, Alexanda Kotey et El Shafee El-Sheikh ont été placés sous le contrôle de l’armée américaine en octobre 2019 en Irak, en raison de l’offensive turque dans le Nord de la Syrie. Les deux hommes ont été déchus de leur nationalité britannique.

« Ils étaient les meneurs d’un groupe brutal responsable de la prise d’otage de citoyens européens et américains, notamment, de 2012 à 2015 », selon l’acte d’accusation adopté par un grand jury du tribunal fédéral d’Alexandria, près de Washington.

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Pendant cette période, leur groupe a enlevé plusieurs étrangers, torturé et décapité certains captifs, et a souvent mis en scène leur calvaire dans des vidéos de propagande. Parmi leurs victimes figurent quatre Américains : les journalistes James Foley et Steven Sotloff, tués en 2014, et les humanitaires Kayla Mueller et Peter Kassig.

Les familles de ces derniers ont salué dans un communiqué « une première étape dans la quête de la justice ». Ces quatre jeunes Américains « ont vu les souffrances du peuple syrien et voulaient aider, soit en apportant une aide humanitaire, soit en faisant connaître au monde les évolutions de la crise en Syrie », ont-ils souligné.

Pas de peine de mort

Les Etats-Unis avaient déposé dès 2015 une demande d’entraide judiciaire auprès des autorités britanniques pour obtenir des éléments à charge contre les trentenaires. Mais Londres avait fait une pause en 2018 dans cette coopération.

Le gouvernement britannique avait alors essuyé une pluie de critiques pour s’être abstenu de demander que la peine de mort leur soit épargnée s’ils étaient jugés, une entorse à son opposition de principe à la peine capitale. A la fin août, les Etats-Unis ont finalement assuré qu’ils épargneraient la peine de mort aux deux djihadistes, et la justice britannique avait pu avaliser l’entraide judiciaire. Dans la foulée, les éléments de preuves réclamés avaient pu être transmis aux Etats-Unis

Un autre membre de cette cellule djihadiste, Mohammed Emwazi, surnommé « Jihadi John », qui s’était distingué en apparaissant tout de noir vêtu, un couteau de boucher à la main, sur des vidéos de propagande, avait été tué lors d’un bombardement américain sur la Syrie en novembre 2015. Le quatrième « Beatle » reste emprisonné en Turquie.

Outre les Américains, les membres de ce groupe ont également exécuté le Britannique David Haines, un travailleur humanitaire décapité en 2014 après avoir été détenu pendant dix-huit mois.

Le Monde avec AFP

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