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En visite à Bakou, mardi 6 octobre, le ministre turc des affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a exhorté la communauté internationale à se tenir aux côtés de l’Azerbaïdjan dans la guerre qui l’oppose à l’Arménie pour le contrôle du Haut-Karabakh. Avec l’aide de la Turquie, Bakou veut reconquérir cette région majoritairement peuplée d’Arméniens qui a fait sécession de l’Azerbaïdjan au moment de l’effondrement de l’URSS.
« Mettre ces deux pays sur un pied d’égalité, c’est récompenser l’occupant. Le monde doit être du côté de ceux qui ont raison, à savoir du côté de l’Azerbaïdjan », a déclaré le chef de la diplomatie turque lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue azerbaïdjanais, Ceyhun Bayramov. Manifestant sa solidarité avec Bakou, M. Cavusoglu a insisté sur la nécessité de défendre l’intégrité territoriale de ce petit Etat pétrolier des rives de la Caspienne « de la même manière que nous le faisons pour celle de l’Ukraine, de la Géorgie, de l’Irak et de la Syrie ».
« Il y a des appels au cessez-le-feu, mais que va-t-il se passer ensuite ? Pouvez-vous dire à l’Arménie de se retirer immédiatement des territoires azerbaïdjanais ou pouvez-vous proposer des solutions pour son retrait ? Non », a-t-il fait remarquer à l’adresse du Groupe de Minsk de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui est chargé depuis 1992 de mener l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur la voie des négociations.
Cette visite intervient après que Paris, Moscou et Washington, les trois médiateurs du Groupe de Minsk, avaient déploré la veille le retour de la guerre, une « menace inacceptable pour la stabilité de la région ». Les trois ministres des affaires étrangères, le Français Jean-Yves Le Drian, l’Américain Mike Pompeo et le Russe Sergueï Lavrov ont dénoncé à cette occasion « l’escalade de violence inédite et dangereuse ».
Artillerie lourde
Bakou et Erevan continuent d’ignorer les appels au cessez-le-feu. La guerre fait rage autour de l’enclave, impliquant de l’artillerie lourde, des chars, des missiles et des drones.
L’armée azerbaïdjanaise pilonne la capitale des indépendantistes, Stepanakert, à coups de missiles russes Smerch tandis que les forces arméniennes ripostent avec des frappes sur Ganja, la deuxième ville d’Azerbaïdjan. Amnesty International a déclaré mardi qu’elle avait identifié des bombes à fragmentation, une arme interdite par le droit international, dans la vidéo d’une frappe du week-end contre un quartier de Stepanakert.
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