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Déstabilisé par des sondages alarmants, Donald Trump s’est indigné, mardi 6 octobre, que le Covid-19 soit un sujet central de campagne, tandis que son adversaire Joe Biden a déclaré qu’il « ne devrait pas y avoir de débat » tant que le président reste positif au coronavirus.
« Les médias Fake News (…) ne veulent parler que du Covid-19 », a tonné le président américain dans un tweet rédigé depuis la Maison Blanche, qu’il a retrouvée lundi soir après trois jours d’hospitalisation.
Dans un très bref bulletin de santé diffusé mardi, le médecin de la Maison Blanche Sean Conley a assuré que Donald Trump ne présentait désormais « aucun symptôme » du Covid-19 et qu’il continuait « globalement à aller très bien ».
« La grippe saisonnière arrive ! »
Le président américain, qui s’est dit impatient de débattre une nouvelle fois, le 15 octobre, avec Joe Biden, a tweeté :
« JE ME SENS BIEN ! »
A moins d’un mois du scrutin, Donald Trump joue, tweets et vidéos à l’appui, la carte du dirigeant sans peur ayant dompté le virus et appelant ses compatriotes à ne pas laisser le Covid-19 les « dominer ».
Critiqué depuis le début de la pandémie pour ses messages brouillons, ses approximations ou encore son manque d’empathie, le président semble déterminé à ne pas changer de registre. « La grippe saisonnière arrive ! », a-t-il tweeté pour son premier réveil à la Maison Blanche après trois jours à l’hôpital militaire de Walter Reed.
« Allons-nous fermer notre pays ? Non, nous avons appris à vivre avec, de la même manière que nous apprenons à vivre avec le Covid, qui, chez la plupart des gens, est beaucoup moins mortel ! », a-t-il ajouté, au mépris des chiffres. Peu après, Twitter a ajouté un avertissement à ce tweet avant sa lecture car il contenait des informations « trompeuses » sur le Covid-19.
Selon les autorités sanitaires américaines, la grippe saisonnière n’a jamais, au cours de la décennie écoulée, atteint les 100 000 morts sur une année.
« Les forces d’hier nous séparent »
De son côté, le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, a déclaré mardi qu’il « avait hâte de pouvoir débattre avec [Donald Trump] », mais que « nous allons devoir suivre des directives très strictes ». L’ancien vice-président de Barack Obama a dénoncé mardi les « forces de la division » qui tentent, selon lui, de séparer les Américains, sans nommer son rival à quatre semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre.
Depuis Gettysburg, dans l’Etat-clé de Pennsylvanie, Joe Biden a lancé un appel au rassemblement : « Il n’y a pas de place pour la haine en Amérique. » « Les forces de l’ombre, les forces de la division, les forces d’hier nous séparent, nous empêchent de nous élever et d’avancer », a -t-il lancé.
Le candidat démocrate a également parlé du mouvement historique contre le racisme et les brutalités policières qui traverse les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd, en mai. Et des manifestations qui dégénèrent parfois en émeutes mais aussi des suprémacistes blancs.
« Je crois en la loi et l’ordre », a-t-il insisté, alors que Donald Trump en a fait un mantra de campagne. « Mais je crois aussi que l’injustice est réelle », a-t-il ajouté, en la présentant comme un produit de l’histoire de l’esclavage, « qui remonte à 400 ans, lorsque des hommes, femmes et enfants noirs ont été amenés ici pour la première fois, enchaînés ». « Nous n’avons pas besoin que des milices armées arpentent nos rues et nous ne devrions avoir aucune tolérance pour les groupes de suprémacistes blancs qui menacent nos communautés », a martelé Joe Biden.
Le candidat démocrate a choisi Gettysburg, haut lieu de la guerre de Sécession, pour se présenter une nouvelle fois en rassembleur. C’est là que, quatre mois après la bataille de Gettysburg qui marqua un tournant dans la guerre, le président des Etats-Unis Abraham Lincoln avait appelé, en novembre 1863, ses compatriotes à « faire renaître le pays dans la liberté ».
Joe Biden a de nouveau éreinté la gestion de la pandémie de Covid-19 par Donald Trump, lui-même touché par la maladie. « 210 000 Américains morts et le nombre augmente, a tonné Joe Biden. Cela suffit. Mettons de côté les disputes partisanes. Arrêtons la politique et suivons la science. Porter un masque n’est pas une prise de position politique, c’est une recommandation scientifique. »
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