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Le discours du premier ministre britannique, Boris Johnson, au congrès annuel du Parti conservateur, mardi 6 octobre, aurait dû constituer le plat de résistance d’un grand moment d’effervescence médiatique. Mais comme le reste de la grand-messe de la droite dans le pays, il a été diffusé en ligne et a été largement éclipsé par l’actualité du Covid-19 et le dernier fiasco en date du système de traçage national – près de 50 000 cas contacts ont été égarés ces derniers jours à cause d’un bug informatique.
M. Johnson aurait pourtant eu besoin d’un bon bain de socialisation militante, tant la distance s’est creusée avec les membres et les parlementaires tories. Il a beau avoir mené son parti à une victoire historique lors des élections générales de décembre 2019 et disposer d’une très large majorité à la Chambre des communes, sa gestion brouillonne de la pandémie de Covid-19 et son style de gouvernement sont ouvertement critiqués et il passe désormais son temps à éteindre les débuts d’incendie dans son propre camp.
« La crise du coronavirus est un catalyseur du changement », a assuré Boris Johnson mardi, annonçant une « révolution verte » aux conservateurs et un pays qui deviendrait à l’horizon 2030 « l’Arabie saoudite de l’énergie éolienne ». Les jours précédents, il avait multiplié les apparitions casque de chantier sur la tête, cultivant une image de bâtisseur et de porteur de bonnes nouvelles, répétant le nouveau slogan de Downing Street, « build back better » – en français « reconstruisons mieux ».
Attaques du courant « libertarien »
« Nous vivons le plus grand désastre depuis 1945 : peut-on sérieusement croire qu’en investissant 160 millions de livres sterling [175 millions d’euros] dans les fermes éoliennes en mer [les sommes avancées par Downing Street], on va faire oublier tout ça ? », soupirait cependant un député tory, cité anonymement par le site Politico mardi matin. Le Daily Telegraph, pourtant très à droite, préférait insister sur la dernière rebellion conservatrice à la Chambre des communes : des dizaines de députés voudraient lever le couvre-feu imposé aux pubs et aux restaurants britanniques depuis fin septembre.
Mi-septembre, Downing Street avait déjà dû faire face à une fronde d’élus conservateurs opposés à son projet de loi remettant en cause des termes du traité du divorce avec l’Union européenne. Boris Johnson a fini par promettre un futur droit de regard du Parlement après qu’une cinquantaine de députés tories s’étaient dits prêts à voter contre les contraintes sanitaires imposées par son gouvernement. Le premier ministre est en butte aux attaques d’un courant « libertarien » d’élus refusant toute limitation des libertés individuelles et entrepreneuriales. Mais il a aussi été ouvertement critiqué pour son supposé manque de leadership et de compétence.
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