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Un proche de Jeffrey Epstein
Le New York Times a révélé, le 23 août, que le milliardaire américain Leon Black était cité à comparaître aux îles Vierges américaines, afin d’éclaircir ses liens professionnels avec le financier Jeffrey Epstein, accusé d’abus sexuels sur mineures et retrouvé mort dans sa cellule en 2019. Epstein fut l’un des premiers trustees (mandataires) de la Fondation Debra and Leon Black Family, lancée en 1997, et n’a cessé de fournir à Black des conseils en stratégie fiscale et immobilière. Contrairement à d’autres magnats des affaires, Black n’a pas coupé les ponts avec le délinquant sexuel après qu’il fut condamné, en 2008, pour incitation à la prostitution de mineures.
Un loup de Wall Street
La légende prétend qu’après le suicide, en 1975, de son père, le jeune Leon se serait juré de devenir l’homme le plus riche au monde. Promesse presque tenue. A 69 ans,
à la tête d’une fortune estimée par Forbes à 8,2 milliards de dollars, il est l’un des financiers les plus redoutables de Wall Street. Après une carrière de banquier d’affaires commencée en 1977 chez Drexel Burnham Lambert, il cofonde, en 1990, la société de capital-investissement Apollo Global Management. Sa spécialité ? Acheter à bas prix, par le biais d’emprunts, des sociétés en difficulté, et leur imposer des mesures drastiques d’austérité, avant de les revendre avec un gros profit.
Un président du MoMA contesté
Depuis 2018, Leon Black est président du conseil d’administration du MoMA, le prestigieux musée new-yorkais détenant l’une des plus belles collections d’art moderne au monde. Il donna d’ailleurs 33,5 millions d’euros pour financer les travaux d’expansion du musée. Début 2020, toutefois, rien ne va plus. Une trentaine d’artistes participant à l’exposition « Theater of Operations: The Gulf War 1991-2011 » au PS1, l’antenne pointue du MoMA, demandent son retrait du conseil d’administration. Un appel resté vain. Apollo Global Management détient l’ancienne société militaire privée Blackwater, rebaptisée Constellis Holdings, impliquée en 2007 dans la mort de civils irakiens.
Un collectionneur boulimique
Dès qu’une œuvre franchit les 100 millions de dollars, tous les regards se tournent vers Leon Black, l’un des rares collectionneurs privés capables d’enchérir à ce niveau de prix. D’après le Wall Street Journal, il serait l’acquéreur du pastel du Cri, d’Edvard Munch, adjugé près de 100 millions d’euros en 2012, chez Sotheby’s. La même année, il a acheté un dessin de Raphaël pour 36,6 millions d’euros. Sa collection comprend aussi des œuvres de Van Gogh, Cézanne, Picasso, Matisse et des bronzes chinois.
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