Pékin arrête une journaliste australienne de la télévision d’Etat chinoise

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Capture d’image de la journaliste Cheng Lei, non datée, et extraite d’une vidéo du ministère australien des affaires étrangères et du commerce.

Exercer le métier de présentatrice anglophone sur CGTN, la chaîne étatique chinoise destinée à exhiber au monde la meilleure image possible de la Chine, n’est pas censé vous mener là où atterrissent les dissidents ou les espions : en « résidence surveillée dans un endroit désigné », euphémisme qui désigne une garde à vue de six mois − ou plus − au secret et sans avocat.

C’est pourtant le sort actuel de Cheng Lei, une Australienne d’origine chinoise de 45 ans qui animait une émission sur les affaires économiques, dont la détention a été notifiée au ministère des affaires étrangères australien vendredi 14 août. Elle avait cessé toute activité sur les réseaux sociaux le 12 août.

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Canberra a révélé, lundi 31 août, la détention de Mme Cheng, avec laquelle les diplomates australiens ont pu s’entretenir une fois, par le biais d’un lien vidéo. Ils n’ont pas été informés de la nature exacte des faits qui lui sont reprochés. « Nous ne savons vraiment pas s’il s’agit de coercition, de punition ou de quelque chose d’autre », a notamment affirmé, mercredi 2 septembre, sous couvert d’anonymat, un diplomate au quotidien The Australian.

Détention secrète

Dans un groupe de médias d’Etat comme la télévision centrale, les employés étrangers du niveau de Cheng Lei sont surveillés de près par le contre-espionnage chinois. Dans le contexte de purge permanente sous Xi Jinping, un certain nombre de raisons qui, ailleurs, paraissent anodines, pourraient servir de prétexte à une telle arrestation. « Les présentateurs à CGTN ont peu ou pas de pouvoir, et aucun contrôle éditorial. Ce qui laisse sa citoyenneté comme raison réelle la plus probable de sa détention », analyse Peter Dahlin, un militant suédois des droits de l’homme qui fut incarcéré à Pékin pendant trois semaines en 2016 avant d’être expulsé.

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Il a, depuis, cofondé une ONG, Safeguard Defenders, qui estime dans un rapport récent à 30 000 le nombre de citoyens chinois (ou parfois étrangers) soumis depuis 2013 à cette forme de détention secrète qui facilite diverses formes de torture. « Les disparitions forcées de cette sorte sont systématiques et très répandues en Chine », poursuit-il.

L’Australienne, qui, sur Twitter se décrivait comme une « oratrice passionnée de la Chine », pourrait avoir fait les frais de la propension chinoise à prendre en otage − sous prétexte d’enquête pour faits d’espionnage − les ressortissants de pays avec lesquels les relations sont particulièrement tendues − comme c’est le cas avec l’Australie aujourd’hui. Les citoyens étrangers d’origine chinoise, qui parlent parfaitement la langue et peuvent avoir accès à des informations sensibles, ont, par le passé, été des cibles privilégiées de ce genre de tactiques.

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