[ad_1]
Chronique. Une explosion et une évolution. Les deux événements qui ont marqué l’été au Moyen-Orient – le 4 août, la tragédie libanaise ; le 13, l’accord entre Israël et un puissant émirat du Golfe – ont ceci en commun : ils témoignent d’une tendance lourde dans la région. Et celle-ci n’est pas favorable à l’Iran.
Apparemment, rien ne rapproche l’explosion, sans doute accidentelle, du dépôt de nitrate d’ammonium qui a ravagé Beyrouth de la normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis (EAU). Sinon que dans un cas comme dans l’autre, la République islamique figure, aujourd’hui plus que jamais, en toile de fond de cette actualité.
Ce qui a poussé l’homme fort d’Abou Dhabi, Mohammed Ben Zayed, à officialiser les liens de son pays avec Israël, c’est l’objectif partagé de contenir l’expansionnisme de Téhéran. Les EAU n’ont pas le poids démographique de l’Arabie saoudite, mais, ils comptent dans la région – économiquement, politiquement et militairement. Après l’Egypte et la Jordanie, ils sont le troisième pays arabe à établir des relations diplomatiques avec l’Etat d’Israël.
Mohammed Ben Zayed met en avant la cause palestinienne. En échange de l’ouverture d’une nouvelle ambassade arabe à Tel-Aviv, Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, renoncerait à annexer un tiers de la Cisjordanie. L’annexion de ce territoire palestinien, occupé depuis 1967, est le rêve de la droite israélienne. Elle figure au programme de la majorité au pouvoir à Jérusalem et devait commencer en juillet. L’annexion aurait planté les derniers clous, s’il en manquait, sur le cercueil d’une paix israélo-palestinienne fondée sur la solution dite « des deux Etats » : la création d’un Etat palestinien (en Cisjordanie, notamment) aux côtés de l’Etat hébreu.
Abou Dhabi en sauveur des Palestiniens ? On est en droit d’émettre quelques réserves. D’abord, parce que la version israélienne de l’accord est que l’annexion n’est que « reportée ». Mais surtout parce que l’ambition première de Mohammed Ben Zayed est de conforter le front israélo-arabe contre la République islamique. C’est l’Iran qui compte, pas les Palestiniens. La priorité est d’enrayer ce qui est perçu, sur la rive ouest du Golfe, comme une menace croissante : l’implantation durable de la République islamique en terre arabe.
Un peu d’histoire. Seul contre tout le monde, à l’exception de son allié syrien, le jeune régime révolutionnaire iranien a été marqué pour toujours par la guerre qu’il a dû mener, au début des années 1980, contre l’agression de l’Irak – perpétrée avec l’appui des Occidentaux et de Moscou. L’Iran en ressort en décidant de reprendre un programme nucléaire actif et en développant une conception extensive de ses intérêts stratégiques. Cela consiste à installer sa première ligne de défense chez les autres, en exploitant notamment le chaos semé par les Etats-Unis en 2003.
Il vous reste 50.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
