A New York, rien n’est plus vraiment comme avant

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Publié aujourd’hui à 01h58, mis à jour à 02h00

LETTRE DE NEW YORK

New York, prison dorée : il y a quelques mois, les New-Yorkais ne pouvaient sortir de leur ville, épicentre mondial du Covid-19, interdits de séjour partout, par crainte de propager l’épidémie. Aujourd’hui, ils sont confinés dans la ville, voire chez eux pendant quatorze jours, s’ils ont le malheur de revenir d’un des vingt-huit Etats figurant sur la liste noire établie par le gouverneur Andrew Cuomo, qui veut à tout prix éviter une deuxième vague.

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Ainsi, de retour du Wisconsin, toujours en proie à l’épidémie, on a dû remplir, dans l’aéroport désert de La Guardia, un formulaire détaillé, avant de recevoir, trois jours plus tard, un message téléphonique des autorités sanitaires de l’Etat nous rappelant à nos obligations.

Une station de métro à Manhattan, le 26 août.

En apparence, la vie reprend à New York. Central Park est noir de monde, les métros ne sont plus déserts, tandis qu’avec les automobiles sont revenus les klaxons et quelques embouteillages. Les taxis jaunes arpentent de nouveau le bitume et n’exigent plus, comme c’était le cas en juillet, d’être payés en liquide. Un chauffeur nous avait donné un indice : privée depuis début août des 600 dollars (506 euros) d’aide fédérale hebdomadaire, la profession a repris son travail presque normalement.

Broadway est mort

Dans la foulée du MoMA (Museum of Modern Art), le Metropolitan Museum a rouvert ses portes vendredi 28 août et sera bientôt suivi par le Guggenheim : à 25 % de sa capacité et sur réservation. On peut aussi se rendre au zoo du Bronx, sur réservation uniquement, mais il y a plus de visiteurs que jamais.

Dans le quartier de Sunset Park à New York, le 13 août.

Les quartiers résidentiels ont pris un air parisien : les restaurants, qui ne sont toujours pas autorisés à servir à l’intérieur, se sont étendus en installant des terrasses sur les avenues, ce qui n’a pas manqué de provoquer quelques accidents. L’affaire n’est pas nécessairement mauvaise pour ce restaurateur français de l’Upper East Side, qui dispose désormais de davantage de couverts dehors qu’il n’en avait à l’intérieur et prédit un meilleur été que l’année précédente. Nul ne sait ce qu’il adviendra fin octobre lorsque, avec le froid, les terrasses perdront leur autorisation.

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Une terrasse improvisée devant un commerce ayant fermé du fait des mesures prises pour enrayer l’épidémie, à New York, le 12 août.

Tout repart, mais rien n’est vraiment comme avant. Les plus faibles n’ont pas résisté : si l’enseigne belge Le Pain Quotidien, après avoir fait faillite, a rouvert ses portes, reprise par un autre entrepreneur, ce n’est pas le cas du français Kayser, de la pâtisserie au cheese-cake de légende Two Little Red Hens, ou encore des magasins Victoria’s Secret, déjà mal en point avant la crise, qui ont fermé boutique. Surtout, si les quartiers résidentiels reprennent quelques couleurs, ce n’est pas le cas des quartiers d’affaires. Downtown reste déserté, l’eau du Memorial du 11-septembre est coupée, en tout cas le matin. On peut se rendre à la statue de la Liberté en ferry, mais pas un seul touriste n’est candidat au voyage.

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