[ad_1]
Alexeï Navalny est plongé dans le coma dans un hôpital de Berlin depuis dix jours et déjà, en Russie, pour ses alliés, c’est le retour aux affaires courantes. Comme si l’absence du chef, dont on ne sait pas si elle durera, n’était qu’une péripétie de plus dans la vie tourmentée et sous pression de ceux qui le suivent depuis des années.
Ce lundi 31 août au matin, par exemple, Lioubov Sobol s’est réveillée avec un compte en banque affichant un découvert de 34 millions de roubles, environ 400 000 euros, qu’elle ne possède évidemment pas. Parmi les lieutenants de M. Navalny, Lioubov Sobol, est la figure la plus en vue. Elle s’est fait remarquer pendant le mouvement de contestation de l’été 2019, contre les élections truquées à Moscou. Interdite de se présenter à un poste de députée de quartier, elle avait mené la contestation, enchaînant les arrestations et les amendes.
Ces millions qu’on lui réclame sont la suite de cette révolte d’août 2019 et de plaintes de plusieurs institutions de la ville. Le bureau du procureur exige d’être payé pour le surcroît de travail des agents de police, obligés de réprimer des manifestations parfois même le week-end ; le métro se plaint lui aussi d’un surplus de travail de ses employés ; une autre société de transport dénonce, à l’inverse, le manque à gagner provoqué par les troubles…
« Cela fait des années que je vis dans ce harcèlement, avec six ou sept arrestations rien que l’année dernière, mais là, il va falloir s’adapter encore, reconnaît la jeune responsable du Fonds contre la corruption, le navire amiral de l’équipe Navalny. Je n’ai rien à moi, donc ils peuvent venir chez moi saisir l’appartement familial, mes habits, l’ordinateur de ma fille… »
« Foutre ces gens à poil »
Le reste de la somme saisie par la banque de l’opposante est le reliquat d’une condamnation pour diffamation suite à une enquête sur la fourniture de nourriture avariée aux cantines scolaires de la capitale. Cette vidéo désignait une société de l’homme d’affaires Evgueni Prigojine, patron présumé des milices Wagner et des « usines à troll ». Depuis qu’Alexeï Navalny a été empoisonné, M. Prigojine a racheté personnellement cette dette pour, a-t-il expliqué, « foutre ces gens à poil ».
Lioubov Sobol accuse aussi Evgueni Prigojine d’avoir fait empoisonner son mari (sans conséquence grave) en pleine rue en 2016. Elle le compte également parmi les suspects potentiels de la tentative de meurtre sur M. Navalny, avec le FSB, les services de sécurité – ils seraient les seuls à disposer de tels poisons – mais pas sans le feu vert du Kremlin.
Il vous reste 67.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
