la Prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch refuse de répondre aux enquêteurs

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« J’ai eu recours à mon droit de ne pas témoigner contre moi-même », a expliqué Mme Alexievitch, 72 ans, à la presse après avoir quitté le comité d’enquête.

La vague de répression pour tenter d’étouffer les voix de l’opposition se poursuit en Biélorussie. La lauréate du prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch a refusé mercredi 26 août de répondre aux questions des enquêteurs biélorusses qui l’avaient convoquée dans le cadre des poursuites visant le conseil de coordination de l’opposition, dont elle est membre.

Ce conseil a été formé par l’opposition pour promouvoir une transition du pouvoir, alors que le président Alexandre Loukachenko, en place depuis 1994, fait face à un mouvement de contestation inédit depuis sa réélection controversée le 9 août.

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« J’ai eu recours à mon droit de ne pas témoigner contre moi-même », a expliqué Mme Alexievitch, 72 ans, à la presse après avoir quitté le comité d’enquête. « Je ne me sens coupable de rien », a-t-elle souligné, en assurant que le conseil de coordination n’a « pas d’autres objectifs que de consolider la société ».

L’écrivaine, qui a remporté le prix Nobel en 2015, avait déjà dit à son arrivée au comité d’enquête que l’action des opposants était « absolument légitime ». « Je pense qu’il nous faut être ensemble, ne pas céder (…). Nous devons remporter une victoire grâce à la force de notre esprit et de nos convictions », a estimé Mme Alexievitch, en mettant en garde contre toute « effusion de sang ».

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L’opposition juge frauduleux les résultats du scrutin du 9 août remporté officiellement par M. Loukachenko avec 80 % des voix. La justice biélorusse a entamé la semaine dernière des poursuites contre le conseil de coordination, accusé d’« appels à des actions visant à porter atteinte à la sécurité nationale », passible de peines allant de trois à cinq ans de prison. De son côté, M. Loukachenko rejette toute idée de départ, alors que la répression de la contestation s’accentue.

Deux membres de l’opposition condamnés

Ainsi, deux membres du conseil, Sergueï Dilevski et Olga Kovalkova, ont été condamnés mardi à dix jours de détention en lien avec la manifestation non autorisée de dimanche, qui a réuni près de 100 000 personnes à Minsk.

Un autre membre du conseil, Pavel Latouchko, ex-ministre de la culture, a été interrogé mardi. Directeur du théâtre académique d’Etat de Minsk, il a été limogé après avoir soutenu l’opposition.

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Les festivités à l’occasion du centenaire du théâtre, prévues du 14 au 16 septembre, sont incertaines après le départ de cinquante-huit acteurs et employés qui ont présenté leur démission en signe de solidarité avec M. Latouchko, a déclaré mercredi le porte-parole du théâtre Nikolaï Zaïats.

Mercredi, la police a par ailleurs perquisitionné le domicile d’un opposant, Valery Tsepkalo, a affirmé à l’Agence France-Presse son porte-parole, Alexeï Ourban. M. Tsepkalo est actuellement à l’étranger avec son épouse, Veronika. Il est l’un des alliés de Svetlana Tsikhanovskaïa, chef de file de l’opposition biélorusse, qui est réfugiée, elle, en Lituanie.

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Dans ce contexte, les ONG Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale pour les droits humains ont appelé, dans une lettre ouverte, à convoquer « de la manière la plus urgente » une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour discuter de la « crise des droits humains en Biélorussie ».

Le Monde avec AFP

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