Visite historique de Mike Pompeo au Soudan pour tenter de rapprocher les pays arabes d’Israël

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Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, lors d’une rencontre avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, lundi 24 août à Jérusalem, au début d’une tournée de cinq jours dans la région.

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est arrivé mardi 25 août au Soudan dans le cadre de sa tournée régionale pour essayer de convaincre d’autres pays arabes de normaliser leurs relations avec Israël, dans le sillage de l’accord signé par l’Etat hébreu avec les Emirats arabes unis. C’est la première visite en quinze ans d’un chef de la diplomatie américaine dans ce pays, depuis celle de Condoleezza Rice en 2005. Elle se déroule dans des conditions de sécurité renforcées.

Un trajet symbolique, aussi. M. Pompeo a quitté Israël pour le Soudan à bord du « premier vol officiel direct » entre Tel-Aviv et Khartoum, les deux pays n’ayant jamais entretenu de relations diplomatiques. Ils sont même techniquement en guerre et, durant les trente années où Omar Al-Bachir a occupé le pouvoir, le Soudan a accueilli des islamistes radicaux, notamment Oussama Ben Laden, qui y a vécu de 1993 à 1996 avant de s’installer en Afghanistan.

Pour comprendre le contexte : Pourquoi le Soudan tente une « normalisation » de ses relations avec Israël

C’est d’ailleurs pour punir le Soudan de ses mauvaises fréquentations que les Etats-Unis lui ont imposé des sanctions à partir des années 1990. Les contacts entre Washington et Khartoum n’ont fait que se dégrader ; à partir de 1997, la représentation des deux pays était assurée par des chargés d’affaires. Ce n’est que cette année qu’ils ont nommé des ambassadeurs.

Un rapprochement affiché avec Etats-Unis

La chute d’Omar Al-Bachir, en avril 2019, a changé la donne. Le nouveau gouvernement de transition, formé en septembre 2019 après les manifestations populaires ayant mis fin à trente ans de dictature, a décidé de se rapprocher des Etats-Unis et d’agir pour que le Soudan soit retiré de la liste noire des pays soutenant le terrorisme.

Les autorités soudanaises ont affirmé début août « être prêtes à continuer de travailler avec l’administration américaine, afin de favoriser un climat qui aidera à retirer le nom du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme et a entrer dans un partenariat [avec les Etats-Unis] qui bénéficiera aux deux pays ». Les sanctions bloquent tout investissement dans ce pays qui connaît une crise économique profonde. L’inflation atteint 143 % en glissement annuel et la monnaie ne cesse de se déprécier face au dollar, dans un contexte économique mondial fortement déprimé du fait de la pandémie de Covid-19.

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A Khartoum, M. Pompeo doit rencontrer le premier ministre, Abdallah Hamdok, et le général Abdel Fattah Al-Bourhane, qui préside le Conseil souverain à la tête du pays, « pour exprimer son soutien à un approfondissement des relations Israël-Soudan » et à la « transition » dans ce pays, selon le département d’Etat.

La tâche ne sera pas facile. La coalition des partis et de la société civile qui a dirigé la contestation ayant renversé Omar Al-Bachir a affirmé mardi que le gouvernement n’avait pas de mandat pour normaliser les relations entre le Soudan et Israël.

Une normalisation pavée d’embûches

« Le gouvernement actuel est un gouvernement de transition qui gouverne en vertu d’un document constitutionnel n’ayant pas de mandat » sur la question de la normalisation des relations avec Israël, ont relevé dans un communiqué les Forces de la liberté et du changement, soulignant « le droit des Palestiniens à leur terre et à une vie libre et digne ».

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A l’issue d’un entretien en février avec le général Al-Bourhane en Ouganda, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait déclaré que les deux pays « entamer[aient] une coopération qui normalisera[it] [leurs] relations ». Mais le gouvernement soudanais avait ensuite démenti que la question de la « normalisation » ait été abordée.

Preuve qu’un tel processus d’entente aura du mal à passer : le porte-parole du ministère des affaires étrangères soudanais, Haider Badawi, qui avait créé la surprise le 18 août en reconnaissant implicitement des contacts entre son pays et Israël, a été révoqué le lendemain par son ministre qui a démenti ses propos. Entre-temps, M. Nétanyahou s’était félicité des déclarations de M. Badawi : « Israël, le Soudan et toute la région vont bénéficier de l’accord de paix et vont construire ensemble un avenir meilleur pour tous les peuples de la région. »

Le Monde avec AFP

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