Le procès en appel de Ratko Mladic, le « boucher des Balkans », s’ouvre à La Haye

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Ratko Mladic entre au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) pour entendre le verdict de son procès, à La Haye le 22 novembre 2017.

Le procès en appel de l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, condamné à la prison à vie notamment pour son rôle dans le génocide de Srebrenica, s’ouvre mardi 25 août devant la justice internationale à La Haye.

Initialement prévues en mars, les audiences ont été reportées une première fois car Ratko Mladic, 78 ans, a subi une opération du côlon, et une seconde fois à cause de la pandémie de Covid-19.

Surnommé le « boucher des Balkans », Ratko Mladic a été condamné en première instance en 2017 par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à la détention à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, pour son rôle dans la guerre en Bosnie (1992-1995), qui a fait quelque 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés.

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Les premières audiences dans son procès en appel, fermées au public en raison du nouveau coronavirus, se dérouleront mardi et mercredi devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), qui a repris les travaux du TPIY après sa fermeture.

La défense devait s’exprimer en premier, mardi matin, suivie par la réponse du procureur. Mladic aura ensuite l’occasion de prendre la parole personnellement mercredi, pendant dix minutes, en fin d’audience. Sa présence restait toutefois incertaine, ses avocats ayant évoqué des problèmes de santé.

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Pire tuerie depuis la seconde guerre mondiale

Mladic a notamment été condamné en première instance pour son rôle dans le siège de Sarajevo et le génocide de Srebrenica en 1995, pire tuerie sur le sol européen depuis la seconde guerre mondiale, où plus de 8 000 hommes et garçons musulmans ont été tués par les forces serbes de Bosnie.

La défense et l’accusation ont toutes deux fait appel. Dans son jugement, le TPIY avait acquitté Mladic du chef de génocide dans plusieurs autres municipalités, ce qui constitue l’essentiel de l’appel interjeté par le procureur.

A cause de la pandémie, les familles de victimes ne se rendront pas à La Haye. « C’est la première fois que nous n’assistons pas à un événement important se déroulant au tribunal à La Haye », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Munira Subasic, présidente de l’association des Mères de Srebrenica.

Toutefois, Mme Subasic ne souhaite pas un autre report du procès : le MTPI « ne doit pas perdre la motivation et doit achever sa mission », estime-t-elle. « Nous espérons que Mladic sera reconnu coupable de génocide pour des crimes commis dans d’autres municipalités aussi, pas seulement pour ceux commis à Srebrenica », ajoute-t-elle.

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« Etat de santé en déclin »

La défense a à maintes reprises demandé un nouveau report, arguant que Mladic « n’est pas en mesure de participer de manière significative aux procédures » en raison d’un « état de santé en déclin et de capacités cognitives endommagées ».

Contacté par l’AFP, le fils de l’ancien chef militaire a lui aussi affirmé que la santé de son père ne lui permettait pas de se préparer aux audiences. « Il n’a pas l’énergie nécessaire » et sa mémoire peut lui jouer des tours, a expliqué Darko Mladic, mais le MTPI a jugé que les conditions n’étaient pas remplies pour justifier un nouveau report.

Mladic est l’un des principaux dirigeants jugés par la justice internationale pour les crimes commis pendant les guerres en ex-Yougoslavie, outre l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, et l’ex-président yougoslave, Slobodan Milosevic, mort dans sa cellule à La Haye d’une crise cardiaque en 2006, avant l’achèvement de son procès.

Karadzic, condamné à quarante ans de prison en première instance pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a finalement été condamné en appel à la prison à vie en 2019.

Le Monde avec AFP

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