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Des travaux de réhabilitation ont commencé à la Quarantaine, un quartier attenant au port de Beyrouth, un de ceux les plus touchés par la double explosion survenue le 4 août. Dans une rue, des échafaudages ont été installés, et des équipes de l’association Offrejoie − des ingénieurs volontaires, des contremaîtres salariés, des bénévoles − sont à pied d’œuvre pour un chantier qui durera plusieurs mois.
Dans ce quartier populaire, une vingtaine d’immeubles vont être remis en état par l’association engagée dans le vivre-ensemble et mobilisée à de multiples reprises dans le pays pour réparer les dommages et les destructions, notamment après des combats qui se sont produits à Tripoli (Nord).
Investies sur le terrain depuis des années, les ONG locales ont été parmi les premières à répondre à l’urgence humanitaire, en même temps que des Libanais, de façon individuelle et spontanée, retroussaient leurs manches pour déblayer gravats et verre ou distribuer des repas aux sinistrés.
« Le Liban est le pays le plus riche en ONG locales par habitant, dit Kamel Mehanna, président de l’association Amel, active dans la santé, et coordinateur du collectif d’ONG libanaises. Cela fait cinquante ans qu’on vit dans l’urgence. La force de la société civile avait déjà évité l’effondrement du tissu social pendant la guerre [1975-1990]. »
« Désespoir »
Sur un parking de la Quarantaine, une équipe médicale d’Amel reçoit dans une clinique mobile – un minibus spécialement équipé − des blessés venus vérifier des points de suture, des malades chroniques en quête de médicaments qu’ils ne peuvent plus se procurer. « L’explosion a renforcé les besoins et le désespoir, dans un pays déjà en crise », note le docteur Ali Ghassani. Plus de la moitié de la population se retrouve désormais « dans le piège de la pauvreté », selon la commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (CESAO), dont le siège est à Beyrouth.
Plus de quinze jours après la double explosion, « on n’est plus dans la première urgence, mais dans une transition vers une action plus pérenne », explique une humanitaire. Mais la coordination manque encore : dans une autre partie de la Quarantaine, près du jardin public, diverses ONG distribuent de la nourriture, selon leurs listes. Des disputes éclatent, certains habitants se sentant lésés. « On ne comprend pas qui fait quoi », regrette un acteur associatif.
Quelque deux cent mille foyers ont été affectés, entre dommages et destructions. Pour répondre au défi de la coordination, la création d’un comité national pour la reconstruction de Beyrouth, regroupant plusieurs syndicats professionnels – comme l’Ordre des avocats ou celui des ingénieurs et architectes –, a été annoncée, jeudi 20 août. Il vise à organiser les efforts de la société civile, ainsi que « des autorités et des donateurs », pour plus d’efficacité et de transparence. De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l’organisme humanitaire des Nations unies (ONU), centralise une partie de la réponse (agences ONU, ONG locales ou internationales).
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